Précarité menstruelle - Protections hygiéniques gratuites: où en est la Suisse romande?
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Précarité menstruelleProtections hygiéniques gratuites: où en est la Suisse romande?

Alors que le canton de Lucerne vient de refuser la mise à disposition de tampons et serviettes hygiéniques dans les lieux publics, deux communes genevoises ont sauté le pas. Point de situation dans le reste du pays.

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lhu/rmf
En Suisse, au regard de la loi sur la TVA, les protections hygiéniques sont considérées comme des produits de luxe.

En Suisse, au regard de la loi sur la TVA, les protections hygiéniques sont considérées comme des produits de luxe.

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Lucerne dit non aux protections hygiéniques gratuites dans ses lieux publics. Le Conseil d’Etat a estimé qu’une solution au niveau suisse devait être trouvée. A Genève, c’est justement pour cette raison que la commune du Grand-Saconnex a validé deux motions en ce sens. En mettant à disposition des serviettes et tampons dans ses bâtiments communaux, les élus espèrent faire avancer la réflexion à l’échelle nationale, rapporte la «Tribune de Genève».

Jura, premier canton à franchir le pas

Si le Grand-Saconnex rejoint la commune de Meyrin qui a franchi le cap en février dernier, le parlement cantonal ne s’est toujours pas prononcé. Un texte déposé en 2019 par le parti socialiste demande des protections dans les toilettes des écoles, des hôpitaux ainsi que dans les centres d’accueil de migrants. L’an dernier, il a été jugé «infantilisant et paternaliste», par une commission. Même son de cloche dans la commune de Plan-les-Ouates qui a rejeté un projet similaire. En Ville de Genève, peu avant une interpellation écrite déposée par les Verts en janvier, Alfonso Gomez, conseiller administratif en charge des questions d’égalité, s’est dit favorable à la mise à disposition de produits hygiéniques. Des propositions concrètes sont attendues prochainement.

Le 31 mars dernier, le Jura a dit oui. Le canton romand sera le premier de Suisse à offrir des protections hygiéniques dans les établissements scolaires. Non loin de là, la commune bernoise de Tavannes a aussi décidé de donner accès au nécessaire à ses élèves. À Berne et en Valais, la mesure n’a pas convaincu. Les deux cantons ont refusé les demandes déposées en ce sens.

Tests en mai dans le canton de Vaud

Dans le canton de Vaud, le Grand Conseil s'est montré favorable à la distribution de protections hygiéniques. Après l'acceptation d'un postulat début mars, le gouvernement passe désormais à la phase pilote. «Sa mise en œuvre sur le terrain sera effective en mai prochain dans un grand nombre d'établissements», indique le porte-parole du Département de la formation Julien Schekter. «La première phase servira à déterminer l'ampleur du besoin, ainsi que le type de protections nécessaires (tampons, serviettes petites ou grandes etc.)», précise Maribel Rodriguez, cheffe du Bureau vaudois de l'égalité, chargé de la mise en place de cette mesure auprès des populations vulnérables. Les foyers pour victimes de violences domestiques ou des lieux d'accueil pour les étrangers sont par exemple envisagés. Le choix entre la mise à disposition des protections elles-mêmes ou l'allocation d'un budget destiné à leur achat se pose également, estime la responsable.

À Neuchâtel, les politiques se sont aussi mobilisés. Un postulat a été déposé au Grand Conseil par 29 députés et une motion au Conseil général de la Ville.

Serviettes et tampons: des produits de luxe

En Suisse, les protections hygiéniques ne sont pas considérées comme des biens de première nécessité. Au regard de la loi sur la TVA, elles font partie de la catégorie des produits de luxe et sont donc taxées à hauteur de 7,7%.

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