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Fribourg«Protéger le patient à l'ère de l'ADN est un gros défi»

Les dossiers médicaux seront difficiles à anonymiser quand la génétique s'imposera. Un dilemme pour la science.

par
Francesco Brienza

Combien de patients ont le cancer du sein? Quel est le taux de survie? Quelles réactions au traitement? Pour avancer, la recherche médicale a toujours eu besoin des données des patients. Tant qu'elles étaient anonymes, il n'y avait pas de problème. Mais à l'heure du séquençage ADN et des dossiers électroniques, la protection de la sphère privée du patient est en danger.

«Le monde a changé, note Jean-Pierre Hubaux, professeur à l'EPFL et sommité internationale dans le domaine. La génétique permet un meilleur diagnostic et une meilleure thérapie, personnalisés pour chaque patient.» Mais la médaille a son revers. Anonymiser un profil ADN est un vrai casse-tête. Et quand on sait que des cyberattaques visent déjà des hôpitaux du monde entier, y compris en Suisse, il y a de quoi s'alarmer. L'été dernier, 1,5 million de patients singapouriens se sont fait voler leurs données personnelles. Les employeurs et les caisses-maladie s'en frottent les mains. «Crypter les données issues de la génétique sera un défi de l'Humanité à très long terme car le risque de vol existe», reprend Jean-Pierre Hubaux.

Le chercheur dirige un pool leader en Europe en la matière. Il a présenté son travail hier à Fribourg, dans le cadre des Swiss cyber security days (lire ci-dessus). «L'objectif est de trouver un équilibre entre l'exploitation et la protection de ces données sensibles.» Son projet est co-financé par la Confédération et les EPF notamment.

L'interview du crack russe Eugene Kaspersky:

Eugene Kaspersky sur l'importance de la cyberimmunité

La première édition des «Swiss Cyber Security Days» s’est ouverte mercredi à Granges-Paccot (FR). Le fondateur de Kaspersky Lab, Eugene Kaspersky a livré sa vision de la cybersécurité.

Vers la sécurité 2.0

Les Swiss cyber security days réunissent des experts de renommée internationale dans le domaine de la sécurité informatique. Parmi eux, Eugene Kaspersky, un crack russe de la sécurité informatique. L'événement est une première en Suisse. Les conférences, les tables rondes et les démonstrations s'étalent sur deux jours. La manifestation a été lancée par le président du Conseil des États, le Valaisan Jean-René Fournier. Entre 1800 et 2000 visiteurs sont attendus au total.

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