Danger d'avalanches: Prudence redoublée pour les camps de ski
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Danger d'avalanchesPrudence redoublée pour les camps de ski

Les avalanches meurtrières de ce début de saison interpellent au moment où de nombreux étudiants se rendent en camp de sports de neige avec randonnées hors-piste prévues selon les conditions.

Les établissements scolaires et des responsables des camps redoublent de prudence. Le danger d'avalanches marqué sur l'ensemble du massif alpin valaisan et les récentes coulées meurtrières n'empêchent pas des centaines d'étudiants de prendre part à des camps de sports de neige. Au service Jeunesse et Sport du canton de Vaud, qui organise le plus grand nombre de camps en Suisse, on n'enregistre aucune annulation.

Cela ne signifie pas que la situation particulière actuelle n'est pas prise au sérieux, bien au contraire. Tous les événements qui surviennent sont des informations supplémentaires qui rendent les responsables encore plus attentifs, indique Michel Pirker, chef du service Jeunesse et Sport Vaud.

Quelles que soient les conditions d'enneigement, Michel Pirker vise chaque programme de camp, soit plus de 500 prévus chaque année en hiver, dont une vingtaine avec randonnées à ski. Ces derniers sont également «visés par un expert guide qui contrôle toutes les courses prévues et note ses remarques», précise-t-il.

La sécurité ne s'arrête pas là. Les guides - «un pour six participants» - analysent la situation directement sur place et modifient les activités notamment en fonction de la sécurité. «Depuis huit ans que j'occupe mon poste, il n'y a jamais eu un camp qui n'ait pas subi des modifications pour une raison ou une autre», relève Michel Pirker.

Ne pas prendre de risque

Dès fin janvier, quelque 200 étudiants du Lycée-collège des Creusets (LCC) à Sion partiront en camp à l'hospice du Simplon. L'établissement, particulièrement ébranlé par l'avalanche de Mase qui a coûté la vie au fils de l'un de ses professeurs, n'a pas l'intention de prendre le moindre risque.

Si le degré de danger d'avalanche devait être marqué, les randonnées seront sans doute annulées. «Nous sommes en discussion avec les guides qui sont des professionnels et à qui nous accordons notre confiance», indique le recteur Benjamin Roduit.

A Jeunesse et Sport Neuchâtel, aucun camp de neige n'est prévu pour l'heure. Si l'en était autrement, et avec les conditions de danger actuelles, «nous annulerions toute randonnée hors-piste», affirme la cheffe du service cantonal des sports Patricia Gacond.

Sensibiliser les étudiants

«Si des randonnées ne peuvent être effectuées durant un camp, il y a toujours des activités extérieures possibles», rassure Michel Pirker. Notamment la formation, qui fait partie intégrante de ces camps de quatre jours au minimum bénéficiant du soutien financier de Jeunesse et Sport.

Les étudiants apprennent via des exercices pratiques à utiliser la pelle, la sonde et le détecteur de victime d'avalanche (DVA), dont chacun d'entre eux est équipé lors de randonnées. Ils apprennent également à faire des coupes de neige, à juger de la qualité de cette dernière ou encore à lire un bulletin d'avalanche.

Une sensibilisation à la montagne, à ses beautés mais aussi à ses dangers, sur laquelle Benjamin Roduit souhaite mettre l'accent. «C'est un bon bagage que l'on peut ainsi donner au jeune», souligne-t-il.

«C'est une situation intéressante et formatrice pour les jeunes», abonde Robert Bolognesi, nivologue et fondateur-directeur du bureau d'études Meteorisk. «Ils ne doivent toutefois en aucun cas partir de leur propre chef skier, faire de la raquette ou se balader», insiste-t-il. (ats)

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