Actualisé 30.06.2020 à 14:07

France

Pub anti-voitures: un fabricant de vélos se dit censuré

L’autorité de régulation professionnelle de la publicité a émis un avis défavorable sur un spot de la société VanMoof. Qui refuse de changer son clip.

Le fabricant néerlandais de vélos électriques VanMoof a dénoncé mardi un avis de l'autorité française de régulation de la publicité lui demandant de modifier un spot jugé anti-voitures.

Cette annonce a provoqué un débat sur les réseaux sociaux en plein boom de l'usage du vélo en France, et en pleine poussée des idées écologistes alors que la pression s'accroît pour réduire la place de l'automobile en ville.

Le spot publicitaire, autorisé et déjà diffusé aux Pays-Bas et en Allemagne, met en scène des images reflétées sur la carrosserie d'une automobile sportive. On y décerne de vieilles cheminées d'usines fumantes, des embouteillages, un accident, puis la voiture se liquéfie pour laisser place à un vélo de la marque.

VanMoof suspecte l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) de défendre les intérêts de l'industrie automobile. «La décision de l'ARPP est assez troublante. Elle nous pousse à remettre en question la légitimité de cet organe qui apparemment défend les intérêts de certains secteurs et aussi de certaines entreprises», a déclaré Alfa-Claude Djalo, responsable des relations publiques de l'entreprise. «On a le sentiment d'avoir été censuré. Le spot a été diffusé aux Pays-Bas et en Allemagne. Or l'Allemagne c'est une industrie automobile de renom et il n'y a eu aucun souci» dans ce pays, a-t-il ajouté.

Interdit de créer un climat anxiogène

VanMoof n'envisage pas de faire appel ni de porter l'affaire devant les tribunaux. L'entreprise «préfère donner une visibilité publique» à ce qu'elle «considère comme une dérive».

«Certains plans présents dans le reflet de la voiture apparaissent, à notre sens, disproportionnés et jettent un discrédit sur tout le secteur de l'automobile en le mettant seul en cause (...) tout en créant un climat anxiogène. Ils devront donc être modifiés», a écrit l'ARPP, dans un courrier consulté par l'AFP.

Cette autorité invoque le «code ICC publicité et marketing de la Chambre de commerce internationale» qui «prohibe toute exploitation du sentiment de peur ou de souffrance dans les publicités commerciales».

«On se refuse à faire toute modification, parce qu'on ne veut pas dénaturer notre vidéo et en faire une version édulcorée qui ferait plaisir à l'industrie automobile française», a indiqué Alfa-Claude Djalo.

«Dès le départ, nous savions que ce spot ne serait pas une publicité lambda pour vélos. C'est un appel à l'action, une chance de laisser le passé derrière nous et de faire de réels progrès qui profitent à tous et à toutes. Remettre en question le statu quo sera toujours conflictuel, mais c'était notre objectif depuis le début», a déclaré Taco Carlier, co-fondateur de VanMoof, cité dans un communiqué.

Censure? «Non, juste un préavis»

«Pour la diffusion d'une publicité télévisée, l'ARPP délivre avant diffusion un avis systématique (24’320 avis en 2019). Mais au final la responsabilité de diffusion relève des médias et des plateformes», a indiqué à l'AFP Stéphane Martin, directeur général de l'ARPP. «C'est pourquoi l'instrumentalisation de la censure n'est qu'un artifice bien connu de certains acteurs pour avoir de la publicité gratuite», a-t-il accusé.

Association loi 1901 indépendante des pouvoirs publics, l'ARPP est financée par les cotisations de 800 entreprises adhérentes. Elle est administrée par les représentants des professions publicitaires (annonceurs, agences, médias, régies etc.). «Trois quarts des 100 premiers annonceurs investissant en communication sont adhérents de l'ARPP», est-il précisé sur son site internet.

(AFP)

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47 commentaires
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Gilles

01.07.2020 à 03:27

Belle pub, mais de là à faire changer quun d’avis, j’en suis moins sûr. La censure et surtout l’objet censuré est toujours un bon marqueur d’une société. Encore plus quand celle-ci est sur le déclin..

Fifi

01.07.2020 à 03:20

Tout comme tous véhicules circulant une voie publique, je pense que les vélos eux aussi devraient passer une expertise et être soumis à des plaques comme les autre usagés de La route ! C’est un peu facile de tous mettre sur l’écologie pour ne pas passer aussi à la caisse

Car lives Matter

30.06.2020 à 17:55

L’anti voitures tient clairement du racisme et doit être punissable également. Automobilistes défendons-nous face aux ayatollahs du vélo.