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CatalognePuigdemont de retour à Barcelone le 23 janvier?

Le président catalan en exil a révélé samedi qu'il avait demandé à Madrid de le laisser revenir à Barcelone le 23 janvier pour la séance inaugurale de la nouvelle législature catalane.

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Une histoire du nationalisme catalan
Une histoire du nationalisme catalan

La tension commence vraiment avec la «guerre des Faucheurs». Les paysans catalans se révoltent en 1640 contre le roi qui les écrase sous les taxes pour financer la guerre contre la France et tuent le vice-roi. Cet épisode constitue l'hymne national catalan.

kein Anbieter/Antoni Estruch i Bros, Els Segadors, 1907
Mais les choses se gâtent encore plus le 11 septembre 1714. Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane.

Mais les choses se gâtent encore plus le 11 septembre 1714. Durant la guerre de succession d'Espagne, Barcelone choisit le camp des Habsbourg contre les Bourbon. Ceux-ci triomphent et leur roi, Felipe V, écrase la ville. Une chute commémorée via la fête nationale catalane.

kein Anbieter/L'Onze de Setembre de 1714 – d'Antoni Estruch i Br
Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un statut d'autonomie qui ressuscite l'institution de la Généralité de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée.

Au 20e siècle, après la proclamation de la IIe République, la Catalogne obtient un statut d'autonomie qui ressuscite l'institution de la Généralité de Catalogne. Le 6 octobre 1934, une très éphémère république catalane est même proclamée.

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Carles Puigdemont pèse le pour et le contre sur le fait de rester à Bruxelles ou de rentrer en Espagne au risque d'être arrêté. Il demande à Madrid de le laisser revenir à Barcelone le 23 janvier prochain pour la séance inaugurale de la nouvelle législature catalane.

«Je veux revenir en Catalogne le plus tôt possible. Je voudrais revenir dès maintenant. Ce serait une bonne nouvelle pour l'Espagne», a-t-il dit samedi dans un entretien à l'agence Reuters.

Prié de dire s'il comptait assister à cette séance, il a répondu: «Ce serait naturel. Si je ne suis pas autorisé à être président, ce sera une anomalie pour le système démocratique espagnol.» Avant d'ajouter: «Je suis le président du gouvernement régional et je le resterai si l'Etat espagnol respecte les résultats du vote».

Plusieurs scénarios étudiés

«Il faut mesurer si cela vaut la peine, s'il peut faire davantage dedans que dehors», a réagi samedi l'un de ses avocats en Catalogne. A la question «Puigdemont est-il disposé à rentrer ?», Me Jaume Alonso-Cuevillas a répondu sur radio Catalunya: «En principe, oui, mais mon conseil, c'est d'évaluer la situation (...) Il est évident que s'il vient et est emprisonné, cela génère (...) un conflit politique très important», a ajouté l'avocat.

«Nous étudions tous les scénarios», a simplement confirmé la directrice de campagne du parti de M. Puigdemont, Elsa Artadi, interrogée samedi à Bruxelles par la radio catalane Rac1.

Le leader indépendantiste a plusieurs fois affirmé sa volonté de rétablir le gouvernement destitué par Madrid, ce qui apparaît impossible dans la pratique, certains membres étant en exil, d'autres en prison.

Mme Artadi a insisté sur l'idée que la victoire des sécessionnistes lors du scrutin de jeudi (avec 47,5% des voix mais une majorité absolue en sièges) était celle de «tous» les partis indépendantistes qui allaient devoir parler pour la formation d'un gouvernement à Barcelone. Elle a également de nouveau souhaité «un dialogue avec le gouvernement espagnol» de Mariano Rajoy. Ce dernier devrait commencer à parler «avec les partis souverainistes, qui sont clairement vainqueurs de ces élections», a fait valoir Mme Artadi.

Ciudadanos persiste et signe

Le chef du gouvernement espagnol a déjà prévenu que le prochain gouvernement catalan serait «soumis à l'empire de la loi». Une façon de sous-entendre qu'il n'hésiterait pas à recourir à nouveau à l'article 155 de la Constitution, utilisé pour la première fois le 27 octobre pour placer la région sous tutelle, destituer le gouvernement catalan et dissoudre le parlement régional qui venait de proclamer l'indépendance.

M. Puigdemont avait proposé vendredi à M. Rajoy de le rencontrer «à Bruxelles ou dans n'importe quel autre lieu de l'Union européenne». Sans jamais prononcer son nom, le premier ministre conservateur lui avait répondu indirectement: «la personne avec laquelle je devrais m'asseoir, c'est celle qui a remporté ces élections, Mme (Inès) Arrimadas», tête de liste du parti Ciudadanos, qui a obtenu le plus de voix (25%) et de sièges (37).

«La première force politique en Catalogne, c'est Ciudadanos, une force constitutionnaliste», a martelé samedi Inès Arrimadas, forte de son 1,1 million de voix, dans un entretien dans le journal El Mundo. «C'est fondamental pour mettre en lumière le fait qu'il n'y a pas une majorité sociale en Catalogne en faveur de l'indépendance», a-t-elle insisté.

Elle ne dispose cependant pas d'alliés pour former une coalition de gouvernement: les socialistes n'ont que 17 sièges et le parti populaire (PP, conservateur) de M. Rajoy s'est effondré, ne recueillant que 4% des voix dans la région (3 sièges). (nxp/afp)

(NewsXpress)

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