Actualisé 05.07.2016 à 22:00

GenèvePuni sans preuve de la fiabilité du radar

Un homme a été reconnu coupable de délit de chauffard. La manière choque son avocat.

de
Jérôme Faas
Le jeune homme a été flashé par un radar mobile "Multanova".

Le jeune homme a été flashé par un radar mobile "Multanova".

photo: Kein Anbieter/dr

Le juge n'a rien voulu savoir. Le 22 juin, il a condamné à un an de prison avec sursis un jeune conducteur. Il avait été flashé en juin 2015 à 139 km/h sur la route de Thonon, à Corsier, où la vitesse est limitée à 60 km/h. «Mais mon client, qui a toujours affirmé qu'il lui semblait ne pas avoir roulé aussi vite, a été puni sans preuve de la fiabilité du radar!», peste Me Timothée Bauer, qui a fait appel.

L'avocat liste les éléments qui, selon sa lecture de l'ordonnance fédérale sur le contrôle de la circulation routière, manquaient au dossier: «le certificat d'homologation du radar, son positionnement, la preuve que le policier a été formé pour l'utiliser et la photo qui démontre que c'est bien ce véhicule, et non un autre, qui a été pincé.»

Ces arguments n'ont pas ému le pouvoir judiciaire, qui n'a à l'évidence pas la même interprétation du droit. Son porte-parole indique qu'un tribunal ne communique pas sur ses décisions et que «des voies de recours existent».

«Cette pratique suisse me choque»

Spécialiste du droit routier, Me Jacques Roulet estime qu'il existe «la présomption que le radar fonctionne. Le Parquet n'a pas besoin de le prouver. Mais si la défense conteste la validité des mesures et exige la production des pièces, il doit s'exécuter.» «C'est une lecture trop bienveillante de notre système, réagit Me Bauer. Cette pratique suisse – dans le doute, la police a raison – me choque. Qu'advient-il avec les gens sans avocat? Le Parquet devrait de lui-même monter un dossier complet!»

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