Vaud: Punie pour avoir tapé une infirmière un soir d'ivresse
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VaudPunie pour avoir tapé une infirmière un soir d'ivresse

La jeune fille saoule qui avait frappé une soignante du CHUV vient d'être condamnée. Son geste, immortalisé par la RTS, avait choqué le public.

par
Christian Humbert

Jessica est complètement ivre lorsqu'elle finit sa nuit aux ­urgences, le 29 mars dernier. Cette Valaisanne de 22 ans a 2,3‰ d'alcool dans le sang. Escortée jusqu'aux WC par trois infirmières, elle se met à les injurier et balance une claque sur le front de l'une d'elles. Maîtrisée par le service de sécurité, la furie continue d'insulter le personnel en faisant mine de leur cracher dessus. La scène, immortalisée par les caméras de l'équipe de «Mise au point» présente cette nuit-là pour un reportage, a marqué l'opinion publique.

Visée par une plainte du CHUV, Jessica vient d'être condamnée. Elle a écopé de 120 jours-amende avec sursis, auxquels s'ajoutent une amende ferme et les frais. La Valaisanne n'a jamais daigné se présenter devant le ­procureur. Celui-ci évoque un comportement «inadmissible» et rappelle qu'il avait fallu mobiliser une dizaine de personnes pour contenir ses excès, dans un service déjà surchargé. Il déplore enfin le manque d'introspection de la jeune fille. Quelques mois après les faits, la RTS l'avait retrouvée pour évoquer le problème des soignants confrontés aux excès des soûlards. «C'est leur job», avait-elle déclaré.

La condamnation s'inscrit dans un contexte marqué par des discussions liées à la prise en charge des patients alcoo­lisés. Après les débats aux Chambres fédérales cet au­tomne, les députés vaudois ont demandé mardi que le financement du futur centre de dégrisement du CHUV soit principalement à la charge de l'usager.

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«Fatiguée, oui! Dégoûtée, jamais!»

Contrairement à ce que pouvait laisser entendre notre Une de ce vendredi, l'infirmière giflée n'a pas «abandonné» son poste à la suite de l'incident. Elle a simplement rejoint un autre service pour remplacer un congé maternité de six mois, comme cela était prévu. «Je réintègre les urgences le 1er mars, une unité que j'affectionne et au sein de laquelle je n'ai jamais ressenti un quelconque dégoût. De la fatigue, oui, mais jamais de dégoût», tient-elle à préciser.

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