Malaisie: Punis à coups de bâton pour adultère
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MalaisiePunis à coups de bâton pour adultère

La Malaisie a annoncé mercredi que trois femmes et quatre hommes avaient reçu, sur décision de tribunaux religieux, des coups de bâton pour avoir eu des relations extraconjugales, une première dans ce pays en majorité musulman.

Les autorités ont annoncé que les trois femmes avaient subi ce châtiment le 9 février dans une prison pour femmes à l'extérieur de la capitale Kuala Lumpur après avoir été convaincues de «Khalwat» - terme de jurisprudence islamique désignant l'adultère.

«J'espère que cela ne sera pas mal compris dans la mesure où leur acte - l'adultère - profane la pureté de l'islam», a déclaré le ministre de l'Intérieur Hishammuddin Hussein cité par les médias locaux.

«La punition vise à éduquer et à donner une chance à ceux qui ont fauté pour qu'ils se remettent à l'avenir dans le droit chemin», a-t-il ajouté, soulignant qu'aucune des trois femmes n'avait subi de blessures.

Le ministre a indiqué que les trois femmes et les quatre hommes avaient reçu des coups de bâton en application de jugements rendus en décembre par des tribunaux religieux qui, en Malaisie, fonctionnent parallèlement aux tribunaux civils.

Il a précisé qu'une des femmes avait été libérée dimanche dernier, qu'une deuxième le serait dans les jours qui viennent et que, pour la troisième, ce serait en juin prochain.

L'organisation Amnesty international a réagi en appelant mercredi la Malaisie à mettre fin à cette «épidémie» de bastonnades, signalant que cette punition avait été infligée à des milliers d'hommes dans le pays.

Selon le groupe, le châtiment subi par les trois femmes «n'est que la partie émergée de l'iceberg». Citant les autorités malaisiennes, l'organisation basée à Londres affirme que plus de 35.000 personnes - surtout des étrangers - ont reçu des coups de bâton depuis 2002 pour des infractions à l'immigration.

Amnesty souligne dans un communiqué que «ces milliers de cas dénotent une épidémie de bastonnades en Malaisie» et exhorte les autorités du pays à «abolir cette punition cruelle et humiliante».

Les tribunaux religieux malaisiens ont provoqué un tollé l'année dernière en condamnant une mère de deux enfants, Kartika Sari Dewi Shukarno, à six coups de bâton, cette fois-là pour avoir bu de la bière.

C'était la première fois en Malaisie qu'une femme était condamnée à une telle peine en application de la loi islamique.

Le cas Kartika avait bénéficié d'une importante couverture médiatique et l'annonce de ce mercredi a été une surprise.

L'avocat Ragunath Kesavan a exprimé sa préoccupation, estimant que les peines avaient été appliquées alors qu'un débat à ce sujet était en cours parmi les théologiens, au sein des groupes religieux et parmi les militants des organisations de défense des droits de l'homme.

«Nous nous opposons à toutes les formes de peines corporelles, qu'elles s'appliquent à des hommes ou à des femmes. Administrer le fouet est, quelle qu'en soit la forme, un acte barbare» a-t-il déclaré à l'AFP. (afp)

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