Asie: Pyongyang balaie l'offre de dialogue de Séoul
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AsiePyongyang balaie l'offre de dialogue de Séoul

La rare et courte rencontre entre les chefs des diplomaties nord et sud-coréennes dimanche n'a pas été fructueuse.

La menace croissante représentée par les ambitions nucléaires de Pyongyang domine les discussions de Manille, où sont présents les ministres des Affaires étrangères des principales puissances parties prenantes à la crise. (Image- dimanche 6 août 2017)

La menace croissante représentée par les ambitions nucléaires de Pyongyang domine les discussions de Manille, où sont présents les ministres des Affaires étrangères des principales puissances parties prenantes à la crise. (Image- dimanche 6 août 2017)

Keystone

La Corée du Nord a balayé une proposition de dialogue de Séoul lors d'une rencontre rarissime entre les deux chefs de la diplomatie à Manille, a rapporté lundi l'agence sud-coréenne Yonhap après le durcissement des sanctions de l'ONU contre Pyongyang.

Lors d'un bref entretien dimanche avant un forum régional à Manille, la ministre sud-coréenne Kang Kyung-Wha a appelé Pyongyang à accepter son offre de dialogue pour soulager les tensions dans la péninsule et sur une nouvelle réunion des familles séparées par la guerre de Corée (1950-53).

Mais selon Yonhap, qui cite un responsable du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, son homologue nord-coréen Ri Hong-Yo a rétorqué que les propositions de Séoul n'étaient pas sincères. «Compte tenu de la situation actuelle dans laquelle le Sud collabore avec les Etats-Unis pour accentuer les pressions sur le Nord, de telles propositions manquent de sincérité», a-t-il déclaré.

Sanctions

La menace croissante représentée par les ambitions nucléaires de Pyongyang domine les discussions de Manille, où sont présents les ministres des Affaires étrangères des principales puissances parties prenantes à la crise, dont les chefs de la diplomatie américaine et russe, en amont du forum de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) qui se tient lundi.

Samedi, le Conseil de sécurité des Nations unies avait voté à l'unanimité de nouvelles sanctions contre Pyongyang. Celles-ci visent à réduire d'un tiers le montant des exportations nord-coréennes, actuellement estimées à trois milliards de dollars par an (2,9 milliards de francs). Des mesures sévères prises en représailles aux nouveaux tests de missiles de longue portée effectués en juillet par la Corée du Nord.

Dialogue

Ri Yong-ho s'est également entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors de cette rencontre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN). Ce dernier a rappelé que les sanctions n'étaient pas pour Pékin, principal allié de la Corée du Nord, un objectif en soi. Le dialogue pour sortir de la crise reste la priorité.

La presse officielle chinoise souligne de son côté lundi les limites des nouvelles sanctions de l'Onu. «Les sanctions doivent dans la mesure du possible éviter de provoquer des conséquences négatives sur la population et les pays tiers», écrit le Quotidien du Peuple, l'organe du Parti communiste. «Une frappe de précision est la partie essentielle des sanctions.»

Le Global Times, contrôlé par le Quotidien du Peuple, dénonce quant à lui «l'arrogance morale» des Etats-Unis concernant la Corée du Nord. «Les Etats-Unis devraient chercher la paix et la coexistence plutôt que la domination géopolitique», écrit le quotidien.

Donnant-donnant

Pékin prône une solution «donnant-donnant» par laquelle Pyongyang s'engagerait à suspendre son programme nucléaire et balistique en échange d'un arrêt des manoeuvres militaires conjointes effectuées régulièrement par Washington et Séoul.

L'annonce de cette rencontre est survenue alors que le président sud-coréen Moon Jae-In a appelé à un «règlement pacifique et diplomatique» de la crise dans une conversation téléphonique avec son homologue américain Donald Trump.

Dans un tweet diffusé dimanche soir, Donald Trump dit s'être entretenu avec le président sud-coréen Moon Jae-in et se félicite de l'unanimité du vote des sanctions samedi.

«Menace grandissante»

Selon un communiqué de la Maison Blanche publié après un entretien téléphonique entre les deux hommes, «les deux dirigeants ont affirmé que la Corée du Nord représente une menace directe sérieuse et grandissante pour les Etats-Unis, la Corée du Sud, le Japon ainsi que pour la plupart des pays du monde».

Donald Trump et Moon Jae-In ont également promis d'appliquer «toute résolution pertinente» contre la Corée du Nord et ont appelé la communauté internationale à en faire de même.

Unie

De son côté, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a jugé lundi à Manille que le net durcissement adopté par l'ONU prouvait que la communauté internationale était unie derrière son objectif de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Le chef de la diplomatie américaine, qui s'exprimait devant la presse en marge d'un forum régional sur la sécurité, a ajouté que la Corée du Nord devait cesser ses essais de missiles balistiques si elle voulait dialoguer avec les Etats-Unis pour résoudre la crise.

Selon les estimations, un conflit même conventionnel sur la péninsule coréenne pourrait fait un million de morts et de blessés en quelques mois.

Menace d'une guerre

Moon Jae-In a déclaré au chef de la Maison Blanche que Séoul ne «pouvait permettre à une nouvelle guerre d'éclater» après la guerre de Corée qui a scellé la division de la péninsule coréenne, a déclaré la Maison bleue, la présidence sud-coréenne, dans un communiqué.

La veille, H.R. McMaster, conseiller à la Sécurité nationale du président Trump, avait dit que celui-ci étudiait des plans en vue d'une éventuelle «guerre préventive». «Il a dit qu'il n'allait pas tolérer que la Corée du Nord puisse menacer les Etats-Unis», a-t-il déclaré. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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