Corée du Nord – Pyongyang affirme avoir réalisé un test pour un satellite

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Corée du NordPyongyang affirme avoir réalisé un test pour un satellite

Le régime nord-coréen assure avoir procédé à un essai en vue du développement d’un satellite de reconnaissance samedi, mais Séoul estime qu’il s’agit plutôt d’un lancement de missile.

Pyongyang a testé une série d’armes en janvier (missiles hypersoniques, engins balistiques à moyenne portée…).

Pyongyang a testé une série d’armes en janvier (missiles hypersoniques, engins balistiques à moyenne portée…).

AFP

La Corée du Nord a annoncé dimanche avoir procédé à «un nouvel essai important» en vue du développement d’un satellite de reconnaissance, mais les analystes estiment qu’il s’agit plutôt d’un lancement de missile, à quelques jours de la présidentielle en Corée du Sud.

Pyongyang a procédé à sept essais d’armes en janvier, y compris de son missile le plus puissant depuis 2017 et a déjà affirmé la semaine dernière avoir réalisé un test pour le développement d’un satellite de reconnaissance. Séoul avait alors parlé d’un missile balistique.

La Corée du Nord fait l’objet de sanctions internationales sévères en raison de ses programmes nucléaires et balistiques mais les lancements de satellites à des fins pacifiques ne sont pas soumis au même niveau de restrictions, bien que les fusées qui les transportent utilisent en grande partie la même technologie. Le développement d’un satellite de reconnaissance militaire – avec les armes hypersoniques récemment testées en janvier- est l’un des principaux projets de défense annoncés l’an passé par le dirigeant Kim Jong-un.

Modernisation de l’armée

«La Direction nationale du développement aérospatial (NADA) de la RPDC (République populaire démocratique de Corée, nom officiel de la Corée du Nord) et l’Académie des sciences de défense ont mené un autre test important samedi dans le but de développer un satellite de reconnaissance», a écrit dimanche l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

«Avec ce test, la NADA a confirmé la fiabilité de la transmission de données et du système de réception du satellite, ainsi que de son système de commande et de divers systèmes de contrôle au sol», a précisé la même source. De son côté, Séoul a affirmé que le test, réalisé à quatre jours de la présidentielle de mercredi, était un lancement de missile balistique.

En dépit de sévères sanctions internationales pour ses essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux, Pyongyang a jusqu’à présent rejeté toutes les offres de dialogue depuis l’échec en 2019 des négociations entre le dirigeant Kim Yong-un et le président américain de l’époque Donald Trump. La Corée du Nord a intensifié la modernisation de son armée, et averti en janvier qu’elle pourrait lever le moratoire qu’elle s’est elle-même imposé sur les essais de missiles à longue portée et d’armes nucléaires.

Franchir la ligne rouge

«La Corée du Nord ne sait pas ce qui se peut se produire si elle franchit la ligne rouge, car elle n’a aucune idée de la manière dont l’administration Biden réagira», a affirmé Park Won-gon, professeur à l’université Ewha de Séoul. En outre, le monde entier ayant le regard rivé sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Corée du Nord n’entend pas se faire oublier.

Les tensions avec la Corée du Nord ne constituent pas un enjeu majeur de cette élection, selon les analystes, qui estiment que l’inégalité des revenus et le chômage des jeunes sont au cœur des préoccupations des électeurs. L’un des deux principaux candidats, l’ancien procureur Yoon Suk-yeol, du Parti du pouvoir au peuple (PPP, droite), a menacé de procéder, si nécessaire, à une frappe préventive contre son voisin du nord doté de l’arme nucléaire.

Les analystes estiment que Kim Jong-un pourrait utiliser la date la plus importante de son calendrier politique, le 15 avril, pour procéder à un test d’armement de grande importance. Cette date marque l’anniversaire (110 ans cette année) de la naissance de Kim Il-sung, fondateur de la Corée du Nord et grand-père de l’actuel dirigeant Kim Jong-un.

(AFP)

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