Actualisé 23.12.2011 à 09:44

Corée du Nord Pyongyang laisse entrer des Sud-Coréens

La Corée du Nord a dit vendredi qu'elle laisserait entrer sur son territoire les délégations sud-coréennes voulant présenter leurs condoléances pour le décès du dirigeant communiste Kim Jong-Il.

En temps normal, il est impossible pour les Sud-Coréens de se rendre au Nord, sauf autorisation donnée par les autorités des deux pays.

«De nombreuses personnes en Corée du Sud demandent à venir pour présenter leurs condoléances», a dit le gouvernement nord-coréen sur son site internet.

Aucune autre délégation étrangère acceptée

«Nos institutions ont dit qu'elles acceptaient respectueusement toutes les délégations sud-coréennes désirant venir pour présenter leurs condoléances et ont pris des mesures pour ouvrir toutes les voies aériennes et routières via Kaesong», ville nord-coréenne frontalière du Sud, a aussi dit Pyongyang.

La Corée du Nord avait annoncé jusqu'à présent qu'elle n'accepterait aucune délégation étrangère chez elle pendant la période de deuil de 13 jours décrétée pour le décès de son dirigeant Kim Jong-Il, décédé samedi.

Mesure sécuritaire lancée

Elle n'avait toutefois donné aucune précision à propos des Sud- Coréens, qui ne sont pas considérés comme des «étrangers».

«La sécurité et le confort de tous les visiteurs sud-coréens pendant leur visite sera garantie. Il s'agit d'un signe de courtoisie et de respect envers le coeur chaleureux des Sud-Coréens qui souhaitent partager le chagrin de notre deuil national», a précisé le gouvernement nord-coréen.

Pyongyang n'a toutefois donné aucune indication en rapport avec les obsèques de Kim Jong-Il proprement dites, prévues le 28 décembre.

Ancien président prévu

Après l'annonce lundi du décès de Kim Jong-Il, le gouvernement sud-coréen a présenté «ses condoléances au peuple de Corée du Nord» pour le décès du dirigeant, mais pas au gouvernement nord-coréen.

Séoul a précisé qu'elle n'enverrait aucune délégation officielle pour les obsèques, et n'a autorisé que deux délégations sud- coréennes à s'y rendre, la famille de l'ancien président Kim Dae- Jung et la présidente du groupe industriel sud-coréen Hyundai, Hyun Chung-Eun.

L'ancien président sud-coréen Kim Dae-Jung et l'ex leader nord- coréen Kim Jong-Il étaient à l'origine en l'an 2000 du premier sommet Nord-Sud jamais organisé, tandis que l'entreprise Hyundai a fait office de pionnière de la coopération économique de part et d'autre de la frontière.

Appel

Sur son site internet, le gouvernement nord-coréen a appelé «le Sud à ne pas empêcher les délégations et personnes sud-coréennes à venir s'il ne veut pas que la situation ne se dégrade».

Les relations sont très tendues entre la Corée du Nord communiste et la Corée du Sud capitaliste, particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir au Sud en février 2008 du président conservateur Lee Myung- Bak.

M. Lee conditionne toute aide au Nord, qui souffre de graves pénuries alimentaires et énergétiques, à des progrès dans le domaine du désarmement nucléaire, une politique dénoncée par Pyongyang.

(ats)

ONU: Japon, USA, Europe refusent de participer à l'hommage à Kim Jong-Il

Les Etats-Unis, le Japon et plusieurs pays européens ont refusé jeudi de participer à une minute de silence observée à l'Assemblée générale de l'ONU à la demande de la Corée du Nord à la mémoire du dirigeant Kim Jong-Il décédé samedi dernier.

Cette minute de silence est un «acte protocolaire» avait fait valoir le président de l'Assemblée Nassir Abdulaziz al-Nasser.

Des diplomates occidentaux de pays opposés à cet hommage ont jugé qu'il était «inapproprié» et ont précisé que le Conseil de sécurité de l'ONU avait refusé une demande de la Corée du Nord d'honorer la mémoire de son dirigeant décédé.

Kim «est sans doute responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes. Ce n'est pas un modèle pour l'ONU», a déclaré un de ces diplomates pour expliquer le boycott de la minute de silence.

L'ambassadeur nord-coréen à l'ONU Sin Son-Ho et un autre diplomate de la mission nord-coréenne se tenaient debout, la tête baissée, lors de cet hommage auquel à peine un tiers des 193 pays de l'Assemblée générale de l'ONU ont pris part.

Outre les Etats-Unis et le Japon, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et la plupart des pays membres de l'Union européenne n'ont pas pris part à la minute de silence.

Kim Jong-Il est mort samedi mais le régime communiste nord-coréen a tenu la nouvelle secrète pendant deux jours avant de l'annoncer lundi.

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