Actualisé 25.01.2013 à 06:08

Essai nucléairePyongyang veut procéder à un essai nucléaire

La Corée du Nord a annoncé jeudi son intention de procéder à un nouvel essai nucléaire, sans donner de calendrier. L'objectif est d'atteindre les Etats-Unis, un «ennemi juré».

La Corée du Nord a menacé jeudi de procéder à un troisième essai nucléaire et à de nouveaux lancements de fusées. Objectif avoué: viser les Etats-Unis, qu'elle qualifie d'«ennemi juré». Pékin a appelé Pyongyang à la retenue.

La Corée du Nord avait déjà menacé mercredi de renforcer son armée et son arsenal nucléaire en réaction au vote, quelques heures plus tôt à New York, d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant son tir de fusée du 12 décembre 2012.

«Nous ne cachons pas le fait que les divers satellites et fusées de longue portée que nous tirerons et l'essai nucléaire de haut niveau auquel nous procéderons visent les Etats-Unis», a déclaré la commission nord-coréenne de défense, l'organe militaire suprême du pays, citée par l'agence de presse officielle KCNA.

«Techniquement prête»

La Corée du Nord, sanctionnée par l'Onu après deux essais nucléaires en octobre 2006 et mai 2009, est «techniquement prête» pour un troisième essai, selon la Corée du Sud ainsi que d'autres observateurs. La décision de procéder au test incomberait au dirigeant du pays communiste, Kim Jong-un.

Les experts du régime nord-coréen pensent que cet essai nucléaire pourrait avoir lieu dès le mois de février pour coïncider avec l'entrée en fonctions de la nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-hye et l'anniversaire du défunt dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, le 16 février.

Uranium enrichi?

«Nous espérons qu'elle ne le fera pas. Nous lui demandons de ne pas le faire», a déclaré à Séoul le plus haut diplomate américain chargé du dossier, Glyn Davies, alors qu'était publiée la dépêche de l'agence KCNA.

La déclaration de la commission de défense nord-coréenne ne donne aucune indication de calendrier. La crainte de la communauté internationale est de voir Pyongyang procéder pour la première fois à un essai à l'aide d'uranium hautement enrichi, ce qui lui permettrait de préserver ses stocks de plutonium, dont les experts estiment qu'ils pourraient permettre la fabrication de douze bombes atomiques.

Ses fusées de longue portée ne sont pas considérées comme capables d'atteindre le continent américain. Les experts estiment en effet que le pays n'est pas encore doté de la technologie nécessaire pour installer une ogive nucléaire sur un missile de longue portée.

Pékin appelle à la retenue

La Chine, qui a soutenu la dernière résolution en date au Conseil de sécurité et approuvé les sanctions en 2006 et 2009, a, comme la Corée du Sud, lancé un appel à la retenue et à la reprise des négociations à six sur le programme nucléaire nord-coréen. Ces pourparlers entre les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon sont gelés depuis 2008.

Pékin a en outre précisément invité la Corée du Nord à s'abstenir de toute «initiative susceptible d'aggraver la situation». La réaction nord-coréenne au vote du Conseil de sécurité constitue un défi pour la Chine, qui se prévaut d'une certaine influence sur Pyongyang.

Influence chinoise limitée

«La Corée du Nord a dû se sentir trahie par la Chine lorsque celle-ci a accepté la dernière résolution de l'Onu et elle pourrait bien viser aussi (la Chine avec ce communiqué)», remarque Lee Seung-yeol, chercheur associé à l'Institut Ewha des Etudes sur l'unification à Séoul.

Spécialiste de la Corée à l'université Fudan de Shanghaï, Cai Jian abonde dans ce sens: «Après toutes ces années et tous ces cycles de pourparlers à six, nous pouvons constater que l'influence de la Chine sur la Corée du Nord est en fait très limitée. Tout ce que peut faire la Chine, c'est d'essayer de la convaincre de ne pas mettre ses menaces à exécution.»

Appel à «faire pression»

L'ONU souhaite que la communauté internationale «fasse pression sur les Nord-Coréens» afin qu'ils renoncent à procéder à un nouvel essai nucléaire, a indiqué jeudi le porte-parole adjoint de l'ONU, Eduardo del Buey.

«La communauté internationale doit faire pression sur les Nord-Coréens et la Corée du Nord doit comprendre que seul le dialogue peut faire baisser la tension dans la péninsule coréenne», a déclaré le porte-parole.

«Toute menace de nucléarisation contrevient aux résolutions de l'ONU, et le secrétaire général (Ban Ki-moon) insiste sur le fait que tous les pays doivent respecter les résolutions de l'ONU», a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité a adopté mardi une résolution imposant des sanctions élargies à l'encontre de Pyongyang à la suite du tir d'une fusée le 12 décembre.

(ats/afp)

Washington étend sa liste noire

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir placé trois personnes physiques ou morales basées en Chine à sa liste noire des entités ou individus qu'ils accusent de contribuer au programme nucléaire militaire de Pyongyang.

Ces personnes, deux Nord-Coréens travaillant à Pékin pour une banque nord-coréenne, et une entreprise enregistrée à Hong Kong (Leader International Trading Limited) voient les éventuels avoirs qu'ils détiendraient aux Etats-Unis gelés, indique le département du Trésor dans un communiqué.

Leur placement sur la liste noire entraîne le gel des avoirs qu'ils détiendraient aux Etats-Unis et rend passible de poursuite pénales tout ressortissant américain qui viendrait à commercer avec elles, ajoute le ministère dans un communiqué.

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