Corée du Nord: Pyongyang veut réduire la présence de l'ONU
Actualisé

Corée du NordPyongyang veut réduire la présence de l'ONU

La Corée du Nord, insatisfaite de l'aide internationale, a demandé le mois dernier à l'ONU de réduire ses effectifs sur son sol.

Image d'archive de Kim Jong-un.

Image d'archive de Kim Jong-un.

AFP

La Corée du Nord, soumise à des sanctions et jugeant que l'aide internationale ne tient pas ses promesses, a demandé le mois dernier à une ONU rétive de réduire ses effectifs dans le pays, une requête en cours de discussions entre les deux parties, selon l'organisation.

Cette demande de réduction a été formulée dans une lettre, a indiqué jeudi lors de son point-presse quotidien le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, sans en révéler les détails. Obtenue par l'AFP, la missive réclame que la réduction s'applique avant la fin de l'année et intègre la suppression du poste de coordinateur installé en Corée du Nord.

«Les programmes soutenus par l'ONU n'ont pas donné les résultats escomptés en raison de la politisation de l'aide de l'ONU par des forces hostiles», explique dans la lettre un responsable nord-coréen, Kim Chang Min, sans les identifier. «Ces dernières années en particulier, l'aide de l'ONU dans le pays a été considérablement réduite et la livraison de biens retardée, impactant lourdement la mise en oeuvre globale des projets des Nations Unies», ajoute-t-il.

En 2017, à l'initiative des États-Unis, la Corée du Nord a été la cible de trois séries de sanctions internationales lourdes touchant son économie, visant à lui faire arrêter ses programmes d'armement nucléaire et balistique. Des exemptions ont été depuis décidées par l'ONU pour des biens liés à la fourniture de l'aide humanitaire.

Activité suspecte sur le chantier de Sinpo

Des images satellites suggèrent que Pyongyang est en train de construire un nouveau sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE). (images: CSIS/© 2019 Airbus)

«Faible empreinte»

«Les opérations actuelles des Nations Unies n'ont déjà qu'une faible empreinte sur le terrain», a relevé Stéphane Dujarric. «Le maintien des capacités aux niveaux actuels est essentiel pour assurer un soutien continu des Nations Unies aux programmes critiques de sécurité alimentaire, d'approvisionnement en eau et de nutrition, ainsi qu'à la mobilisation de ressources», a-t-il estimé.

Pyongyang teste des lance-roquettes multiples

La Corée du Nord affirme avoir procédé à des essais de lance-roquettes multiples à longue portée et d'armes tactiques guidées, au lendemain de ce qui pourrait être le premier tir de missiles à courte portée par Pyongyang depuis plus d'un an.

L'ONU compte quelques dizaines de membres en Corée du Nord, issus notamment du Programme alimentaire mondial (PAM), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) et de l'Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance). Tous ces organismes sont visés à différentes échelles par la demande nord-coréenne.

Pyongyang dynamite 10 postes-frontières

Pyongyang a détruit dix postes-frontières à l'explosif mardi dans la zone démilitarisée qui divise la péninsule, nouvelle étape de la détente en cours entre les deux Corées. Parallèlement, les pourparlers sur la dénucléarisation entre le Nord et Washington patinent.

«Il faut rappeler qu'en 2018, l'ONU et les ONG internationales ont apporté une aide humanitaire à plus de deux millions de personnes, notamment avec des projets liés à la sécurité alimentaire, la nutrition et la santé», a aussi fait valoir le porte-parole de l'organisation.

Le sujet des relations de l'ONU avec la Corée du Nord devrait être évoqué à la fin de septembre entre le secrétaire général Antonio Guterres et les responsables nord-coréens qui assisteront à l'Assemblée générale annuelle de l'ONU.

Selon un programme diffusé à la fin d'août par l'ONU, la Corée du Nord sera l'avant-dernier pays à prendre la parole à ce large forum diplomatique, le lundi 30 septembre. Pyongyang, contrairement aux années précédentes, n'a pas prévu d'y faire participer son chef de la diplomatie, mais un simple représentant d'un échelon inférieur. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion