Yverdon-les-Bains (VD): «Qu'elle soit amoureuse d'un autre l'a rendu fou»
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Yverdon-les-Bains (VD)«Qu'elle soit amoureuse d'un autre l'a rendu fou»

La jalousie serait le mobile du double homicide. Le tueur est un ancien amant éconduit par sa voisine.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Malgré les démons de l'addiction, la victime N. était heureuse.

Malgré les démons de l'addiction, la victime N. était heureuse.

photo: dr

Le Suisse de 25 ans, auteur des coups de couteau qui ont fait deux morts jeudi, a justifié son geste par «des problèmes de voisinage». Mais, selon nos renseignements, ce serait bien la jalousie qui a déclenché le crime.

L'auteur du double homicide avait entretenu des relations intimes avec N., sa voisine française de 39 ans. «La première fois, elle était en manque et n'avait pas de sous. Il lui a fourni de la drogue», explique une connaissance des victimes. Après, le jeune ouvrier et la femme sans activité lucrative, mère d'un jeune majeur, se voyaient occasionnellement. «Elle recevait aussi un dealer, un métis aux yeux verts. Mais cet été, elle a fait la connaissance de C. et s'est totalement investie dans sa nouvelle relation», selon un proche.

C'est de là que les choses se seraient détériorées entre N. et son voisin du dessus. Dans ce vieil immeuble à l'isolation défaillante, le moindre bruit s'entend. «Le locataire du 3e étage devenait fou quand N. recevait C. Il prenait un malin plaisir à reprendre les mêmes sons qu'eux comme un perroquet», révèle un proche. Parfois, il abreuvait aussi sa voisine de mots orduriers. «Il ne supportait pas que N. soit amoureuse d'un autre. Elle avait fini par en avoir peur et voulait déménager. Elle n'osait même plus rigoler très fort. C'est de la folie! C. et N. voulaient habiter ensemble et se marier. Ils n'en ont pas eu le temps», regrettent des amis des défunts. Lundi, le procureur n'a pas répondu à nos sollicitations.

Romance abrégée par un tueur déchaîné

C. était venu s'installer chez sa mère, souffrante, pour l'aider dans le commerce qu'elle exploite à Yverdon. Le Suisse de 39 ans y a connu N., une cliente. C'est le début d'une belle romance. Elle n'en avait plus connu depuis que F., un homme fortuné avec lequel elle a eu une relation qui a duré plus de dix ans, l'a quittée. Selon nos informations, les relations intimes que N. entretenait avec celui qui allait être son meurtrier sont la cause de la rupture.

Aussitôt sa relation avec C. entamée, N. se transforme. Heureuse et épanouie, elle prépare de délicieux petits plats à son nouvel amoureux et leurs amis. En plus, elle habite à une vingtaine de mètres du bistrot où son amoureux donne un coup de main. Elle a emménagé dans un studio au centre-ville depuis qu'elle a quitté un centre de désintoxication à Yverdon. La proximité de la gare, shop à ciel ouvert de produits stupéfiants, a-t-elle maintenu la Française dans les filets infernaux de la drogue? Difficile de répondre à cette question. Mais selon des sources concordantes, elle avait un dealer, locataire d'un immeuble proche, qui venait la ravitailler.

Mais, malgré les démons de l'addiction, N. était heureuse. Quasiment tous les jours, C. allait la retrouver durant sa pause, vers 16 h. Jeudi, c'était la dernière fois. «Il a tenté en vain de se défendre contre le tueur déchaîné», note un ami. C. sera enterré à Yverdon jeudi. La femme qu'il aimait, elle, reposera à Lausanne.

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