Succession de Pascal Couchepin: Qu'est-ce qu'un Romand?
Actualisé

Succession de Pascal CouchepinQu'est-ce qu'un Romand?

A peine lancée, la course à la succession de Pascal Couchepin ravive le débat de la représentation linguistique au Conseil fédéral.

Les médias se sont emparés du thème après que le président du PLR, Fulvio Pelli, a exclu l'élection du Fribourgeois car «M. Schwaller n'est pas romand». A lire la presse de mardi, les avis ne semblent pourtant pas aussi tranchés.

«Je suis Fribourgeois avant d'être Romand», répond simplement le conseiller aux Etats dans un entretien à «La Liberté». «Je fais partie de la minorité linguistique du canton de Fribourg, qui fait partie de la Suisse romande».

Selon lui, le PLR, «inquiet pour son siège, tente de déclencher une guerre des langues». Il estime «ce débat sur la territorialité dépassé. Il ne fait que ressortir certains préjugés».

Précédent en 2002

La polémique rappelle surtout celle ayant entouré la candidature d'une autre Fribourgeoise germanophone, Ruth Lüthi, lors de la succession de Ruth Dreifuss en 2002. Le Parlement lui avait finalement préféré une pure Romande, Micheline Calmy-Rey.

Le Fribourgeois Joseph Deiss a lui été épargné en 1999. Mais à l'époque, deux Romands (Ruth Dreifuss et Pascal Couchepin) se trouvaient déjà au gouvernement. Durant son mandat, M. Deiss a souvent été présenté comme un demi-Romand en raison de sa tendance à s'exprimer autant en allemand qu'en français à la tribune du Parlement.

Quatre variations sur le même thème

Reste que les livres d'histoire retiennent que l'élection du Fribourgeois a permis à trois Romands de siéger en même temps au Conseil fédéral. Cela n'était arrivé qu'entre 1959 et 1961, avec le Neuchâtelois Max Petitpierre, le Vaudois Paul Chaudet et le Fribourgeois Jean Bourgknecht.

Il est plus fréquent de voir deux Romands et un Tessinois gouverner avec quatre Alémaniques. Pascal Couchepin, Ruth Dreifuss et Flavio Cotti formaient un tel trio de 1986 à 1999. Cette configuration se retrouve cinq autres fois depuis 1848.

La norme reste la représentation actuelle (5 Alémaniques et 2 Romands). La dernière possibilité est de voir un duo Romand-Tessinois face à un quintette germanophone.

De telles variations sont rendues possibles par les règles relativement souples inscrites dans la Constitution depuis 1999: «les diverses régions et communautés linguistiques doivent être équitablement représentées au Conseil fédéral». Jusque là, une clause interdisait de choisir plus d'un membre du Conseil fédéral dans le même canton: à l'époque, Moritz Leuenberger et Ueli Maurer n'auraient pas pu siéger en même temps, les deux étant Zurichois.

(ats)

Ton opinion