Actualisé 04.02.2009 à 09:40

«L'étrange histoire de Benjamin Button».

Quand l'âme d'un film vient à manquer

Sur papier, la vie de ce vieillard
qui rajeunit promet un moment magique. Mais c'est la déception.

de
Winnie Covo

Dense, romanesque, l'histoire de cet homme qui rajeunit en vieillissant, inspirée d'une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, avait à la base tout pour produire un mélodrame de qualité. Ajoutez-y une histoire d'amour impossible, des rencontres surprenantes et le spectre de la mort, voilà que pointe le chef-d'œuvre.

La première heure du film est poétique, cet enfant de 7 ans qui en paraît septante-trois, grandissant à reculons, fait mouche. Pourtant, plus il avance dans la vie, plus on le perd en route. Le réalisateur, David Fincher, nous tient en haleine, nous donne envie d'entrer dans son film, et pourtant quelque chose nous retient. Comme si l'ampleur de l'histoire avait fini par dépasser son réalisateur. Comme si, emporté par son projet, ce dernier avait finit par enterrer l'âme du récit.

En 2 h 46, les éléments de suspense et d'émotion grouillent de toutes parts mais le rythme saccadé et pétri de contretemps inutiles empêche l'exaltation. Quand certaines circonstances du récit nous mettent l'eau à la bouche, Fincher opère par raccourcis. Et à l'inverse, alors qu'on serait tenté de saisir la télécommande pour passer au chapitre suivant, le cinéaste reste en mode «pause», peint et repeint un détail, sans finesse aucune.

Quant à Brad Pitt, il confirme la tendance maquillage, épopée, films de guerre qui sévit au sein de l'académie des Oscars. Sa nomination, il la doit à sa maquilleuse, et c'est à peu près tout.

«L'étrange histoire de Benjamin Button»

De David Fincher, avec Brad Pitt et Cate Blanchett.

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