Valais: Quand le ciel tombe sur la tête d'un père de famille
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ValaisQuand le ciel tombe sur la tête d'un père de famille

Un Français, père de deux enfants, est dans la détresse depuis qu'il a perdu épouse, travail et logement. Sans amertume, il raconte son calvaire.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Bruno (ici avec sa fille de 6 ans) vit une situation familiale et personnelle chaotique.

Bruno (ici avec sa fille de 6 ans) vit une situation familiale et personnelle chaotique.

Il multiplie les offres d'emploi, collectionne les petits boulots mais refuse de s'apitoyer sur son sort. Depuis sept mois, c'est un véritable cauchemar que vit Bruno, un Français de 48 ans arrivé en Valais en octobre 2016. Cet animateur chevronné qui a travaillé notamment pour le Club-Med a quitté son pays du jour au lendemain pour occuper un poste de responsable des animations à l'office du tourisme de Torgon (VS). «J'étais déjà séparé de ma femme en juillet. Elle avait la garde des enfants. J'ai postulé à l'office du tourisme de Torgon. Ma candidature a été retenue et j'ai démissionné de mon boulot en France. En octobre, une semaine après mon arrivée en Suisse, lors d'un salon professionnel, mon ex-femme a débarqué et m'a jeté dans les bras notre fille de 6 ans et notre fils de 7 ans lourdement handicapé qui étaient scolarisés en France en me disant «Démerde-toi». Elle est aussitôt repartie dans les Hautes-Alpes», explique-t-il d'un ton posé.

Enfants gardés au boulot

«Parfois, sans solution de garde, j'avais mes enfants au travail. On m'a averti que ça ne pouvait pas continuer. Je dois dire que l'ancien président de l'office m'a beaucoup soutenu», signale Bruno. En avril, le contrat du Français originaire de la Guadeloupe n'a pas été renouvelé. Son permis de saisonnier est périmé et ses deux enfants sont sans titre de séjour. Il ne touche donc pas d'allocations familiales. Et puisqu'il n'a travaillé que sept mois en Suisse, il n'a pas droit au chômage. Pourtant, il n'envisage pas un retour au pays. «Ici, mon fils handicapé est pris en charge par une institution spécialisée, qui fait un travail remarquable. En France, les démarches sont trop longues: il faut un an d'attente pour trouver une place.»

Bruno a trouvé un toit provisoire à Sion grâce à Emmaüs. «Nous n'hébergeons pas de famille. Mais là, c'est vraiment à titre exceptionnel», affirme le directeur de la structure.

«Qu'est-ce qui l'empêche de rentrer en France?»

Président de la commune de Vionnaz (VS), Laurent Lattion ne veut pas s'exprimer. «Cet homme avait été engagé par Torgon Tourisme», a-t-il rappelé. La nouvelle directrice de l'office, elle, relève que les faits sont antérieurs à sa venue. «Il est sympa mais il s'est «mis dans la mouise tout seul», avance une ex-collègue de Bruno. «Il était venu en Suisse pour le travail. Maintenant qu'il n'en a plus, qu'est-ce qui l'empêche de rentrer? Pourtant, la frontière, c'est tout près.»

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