Genève - Quand les hautes écoles forment au bonheur en organisation

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GenèveQuand les hautes écoles forment au bonheur en organisation

Depuis trois ans, la Haute École de gestion propose une formation postgrade qui vise à la transformation de soi, puis de la culture d’entreprise.

par
Maria Pineiro
Les Services industriels de Genève ont convié leurs collaborateurs et collaboratrices à suivre le certificat d’études avancées «Bonheur dans les organisations». Une quinzaine d’entre eux sont désormais diplômés.

Les Services industriels de Genève ont convié leurs collaborateurs et collaboratrices à suivre le certificat d’études avancées «Bonheur dans les organisations». Une quinzaine d’entre eux sont désormais diplômés.

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«Ce sont des gens transformés individuellement qui nous reviennent et opèrent des changements collectifs!» s’exclame, enthousiaste, Christian Brunier, directeur des Services industriels de Genève (SIG). Depuis 2019, une quinzaine de collaborateurs de la régie ont été diplômés dans le cadre de la formation «Bonheur dans les organisations», dispensée par la Haute École de gestion de Genève en partenariat avec Eurasia Learning Institute for Happiness and Wellbeing. Le certificat d’études avancées (CAS), créé en 2019, connaît, au dire de Marianne Aerni, la codirectrice, un succès certain et grandissant.

Mettre en place les conditions du bien-être

«Il s’agit de créer les conditions du bien-être dans les organisations en proposant un nouveau paradigme», illustre Marianne Aerni. Le CAS est une première en Suisse. Son originalité? Se fonder sur la notion et les indicateurs du Bonheur national brut (BNB) introduits par le Bhoutan pour mesurer le bonheur et le bien-être de sa population. «Les participants sont invités à se questionner sur eux-mêmes, sur leur posture managériale, explique la codirectrice. Le but étant d’amener un changement dans l’organisation, de mettre en place les conditions du bien-être en entreprise.»

Organisation et utilisation du temps de travail, équilibre entre vies professionnelle et privée ou encore critères d’évaluation peuvent ainsi être sujets à réflexion et évolution. «Nous ne formons pas des responsables du bonheur en entreprise», précise Marianne Aerni, qui insiste: «Le but, ce n’est pas d’installer des tables de ping-pong ou des fauteuils de massage. La formation vise à accompagner les managers à travailler sur eux-mêmes, réenvisager la collaboration avec leurs collaborateurs et à agir au niveau du système.»

Beaucoup de postulations

«Nous attendons des personnes diplômées qu’elles deviennent des ambassadeurs au sein de l’entreprise», abonde Christian Brunier qui estime que cette formation correspond parfaitement à la culture d’entreprise qu’il promeut depuis son arrivée à la tête des SIG, il y a sept ans. Aux Services industriels, par exemple, les horaires de travail sont souples, plus besoin de badger. «Je souhaite que chacun prenne conscience de ce qu’il peut apporter à l’organisation en améliorant le cadre de travail pour rendre les gens heureux. Si les collaborateurs le sont, c’est tout bénéfice pour nous», indique le directeur, par ailleurs membre du conseil académique du CAS depuis le départ. Pour lui, il est clair que l’évolution de la culture de travail basée sur la confiance au sein des SIG doit continuer à évoluer. «Cela marche, nous recevons beaucoup de postulations et attirons de beaux talents.»

Formation académique

Le CAS «Bonheur dans les organisations» est une formation qui n’est ni farfelue ni ésotérique et s’adresse à toutes sortes d’entreprises, qu’elles soient publiques ou privées. Ainsi, elle attire aussi bien des membres d’organisations non gouvernementales que des dirigeants venant du secteur privé. «Le public cible, ce sont les cadres et les employés impliqués dans la gestion d’équipe», explique Marianne Aerni. Depuis 2019, «trois éditions de neuf mois chacune ont eu lieu avec 56 personnes venant de différents horizons professionnels. Trente-neuf leaders et managers romands ont été diplômés.» Réflexion sur soi, coaching ou encore implémentation d’un projet au travail sont au programme. Face au succès de la formation, elle indique qu’en plus de la quatrième édition qui devrait démarrer en février 2022, il est envisagé de proposer d’autres modules, des formations courtes. «Il y a une forte demande.»

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