Suisse: Quand les portes du train se transforment en piège
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SuisseQuand les portes du train se transforment en piège

Il arrive que des convois quittent la gare alors que des passagers ont leur main ou leur pied coincé dans la porte. Des explications sont demandées aux CFF.

par
ofu

Un drame a été évité de justesse le 10 août dernier à Bâle. Ce jour-là, un fan des Young Boys s'est dépêché après le match pour attraper son train pour Zurich. Une fois en gare, il a bloqué la porte du convoi avec son pied en attendant ses amis qui arrivaient en courant, révèlent ce dimanche la «SonntagsZeitung» et «Le Matin Dimanche». Deux fois, les portes du train se sont rouvertes grâce à sa manoeuvre. Or, la troisième fois, elles se sont refermées et le convoi est parti avec le pied du trentenaire coincé à l'intérieur.

Paniqué, le supporter s'est mis à crier de toutes ses forces pour appeler à l'aide. Par chance, un employé des CFF - qui voyageait à titre privé à bord du convoi en question - avait sur lui une clé permettant d'ouvrir les portes de l'intérieur. Résultat: le fan de foot s'en est sorti avec un pied enflé.

Trainé sur 3 km par un Interregio

En janvier 2012, une situation similaire s'est terminée bien plus mal. Un employé de La Poste s'était fait traîner sur trois kilomètres par un Interregio de Baar à Zoug. Il était en train de décharger des paquets de la dernière voiture du train lorsque les portes s'étaient soudain refermées. Malgré les efforts des médecins, ceux-ci ne sont pas parvenus à sauver entièrement son pied droit.

Contactée par la «SonntagsZeitung», l'ex-régie fédérale explique que la fermeture des portes se fait obligatoirement lorsque l'heure de départ du train est atteinte. Or, précise un porte-parole des CFF: «Aucun convoi ne part si une personne est restée coincée avec son pied ou sa main. Nos trains disposent d'une sécurité spéciale à ce niveau-là. Les portes se rouvrent alors et le train ne peut pas partir avec les portes ouvertes.»

«Il arrive que la porte ne se rouvre pas comme elle devrait»

Une réponse qui n'a cependant pas satisfait le dominical. Celui-ci a alors insisté et prié la compagnie de transport d'expliquer comment les deux accidents cités ci-dessus ont bien pu se produire. Et là, les CFF ont concédé: «Il arrive en effet que la porte ne se rouvre pas comme elle devrait. Des causes techniques en sont alors la cause. Le système de sécurité ne reconnaît pas toujours que quelque chose bloque la porte.»

Natalie Rickli (UDC), présidente de la commission des transports du Conseil national, souhaite désormais que l'ex-régie fédérale s'explique: «Je vais demander aux CFF de nous présenter les différentes mesures possibles pour éviter que de tels cas ne se reproduisent.» La conseillère nationale avoue néanmoins qu'un système automatique de fermeture des portes est nécessaire et que les voyageurs bloquant les portes pour faire retarder le départ d'un train sont un problème.

Une problématique également connue en Suisse romande

Le voyage d'étude d'une classe de septième année de l'établissement primaire et secondaire de Blonay-St-Légier (VD) a tourné court, en juin 2011. Alors qu'ils s'apprêtaient à partir en direction du Tessin, les ados ont vu l'une de leurs accompagnatrices, une maîtresse de maths, se faire emporter par le train, le corps à l'extérieur du wagon. Souhaitant permettre aux enfants d'entrer dans la rame, la prof avait auparavant utilisé sa main droite pour empêcher la fermeture de la porte. La miraculée avait réussi à se hisser sur le rebord du marchepied, après avoir perdu une chaussure sur les voies. Le frein d'urgence ayant finalement été actionné, l'InterRegio qui reliait Genève Aéroport à Brigue (VS) s'était alors finalement immobilisé à l'arrêt suivant, ou la prof de maths avait finalement pu se dégager

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