Vaud – Quand Mussolini était honoré par l’Uni de Lausanne
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VaudQuand Mussolini était honoré par l’Uni de Lausanne

Le titre de docteur honoris causa décerné en 1937 au leader fasciste italien est dévoilé dans un musée. Mais vierge de toute signature.

par
Frédéric Nejad Toulami
Le dictateur fasciste Benito Mussolini et son titre de docteur honoris causa décerné en 1937 par l’Uni de Lausanne.

Le dictateur fasciste Benito Mussolini et son titre de docteur honoris causa décerné en 1937 par l’Uni de Lausanne.

Rue des Archives/LMS

«Alors ça, je m’y attendais pas!» s’est exclamée une dame samedi passé, face au titre de docteur honoris causa de Benito Mussolini exposé au Musée historique de Lausanne. Comme d’autres visiteurs de l’exposition intitulée «Losanna, Svizzera», en hommage à l’immigration italienne, elle a été surprise de découvrir ce fait historique peu connu.

La raison d’un tel honneur à l’époque est décrite ainsi: «Pour avoir conçu et réalisé dans sa patrie une organisation sociale qui a enrichi la science sociologique et qui laissera dans l’histoire une trace profonde.» Un détail surprend sur le titre exposé publiquement pour la première fois: il est vierge des noms et signatures des recteur, doyen, chancelier et directeur de faculté de l’UNIL de l’époque qui l’avaient décerné. Une volonté de cacher leur identité?

L’emplacement pour les signatures est demeuré vierge sur le duplicata officiel conservé par l’UNIL.

L’emplacement pour les signatures est demeuré vierge sur le duplicata officiel conservé par l’UNIL.

dr

Le document «n’a jamais fait l’objet d’une censure ou d’une modification», assure le directeur du musée, Laurent Golay. Contrairement à l’original, signé et apporté à Mussolini à Rome par une délégation de l’UNIL en avril 1937, la pièce exposée à Lausanne est un duplicata, conservé aux archives universitaires, qui n’avait pas été signé par les instances d’alors. Des propos confirmés par l’archiviste Sacha Auderset.

Pour mémoire, le jeune Mussolini vécut clandestinement et dans la misère en Suisse de 1902 à 1904, où il fut arrêté plusieurs fois, y compris à Lausanne et à Genève, pour «vagabondage et activités gauchistes». Proche des mouvements socialistes, il rentra en Italie en novembre 1904.

Arrêté par la police bernoise en 1903, le jeune Benito sera expulsé du canton.

Arrêté par la police bernoise en 1903, le jeune Benito sera expulsé du canton.

dr

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