Afrique: Quand on a faim, le cochon d'Inde, c'est bon
Actualisé

AfriqueQuand on a faim, le cochon d'Inde, c'est bon

Un institut colombien propose une idée originale, inspirée de traditions alimentaires sud-américaines pour lutter contre la faim en Afrique: manger du cochon d'Inde.

Considéré en Occident comme un animal de compagnie, ce petit rongeur pourrait fournir aux villages déchirés par les conflits une «source de protéines et de micro-nutriments dans un pays qui connaît un des plus forts taux de malnutrition au monde», avance l'institut de recherche agricole colombien, le Centre international pour l'agriculture tropicale (CIAT), qui mène un projet en ce sens sur le terrain.

On ignore quand et comment le cochon d'Inde originaire d'Amérique du Sud est arrivé au Congo-Kinshasa, mais les chercheurs du CIAT ont découvert l'an dernier certains de ces rongeurs, élevés comme «micro-bétail» dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, frontalières avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, dans cet Est congolais en plein chaos depuis le génocide rwandais de 1994.

«Petit, facile à cacher, le cochon d'Inde est adapté aux zones de conflit, où l'extrême pauvreté et l'anarchie entraînent le pillage régulier du bétail», souligne le CIAT.

Le petit animal à fourrure présente d'autres qualités: il peut finir les restes et nécessite un faible investissement par rapport à d'autres types de bétail. Elément encore plus crucial, il se reproduit rapidement, la femelle pouvant donner naissance à des portées multiples, soit un total de 10 à 15 petits chaque année.

«Il a moins de maladies que le porc, le poulet ou le lapin et, en cas d'épidémie, son taux de reproduction élevé signifie que la population se renouvelle vite», selon le CIAT.

Le cochon d'Inde est consommé dans plusieurs pays d'Amérique du Sud, en particulier au Pérou où on l'appelle «cuy». La chair de ce rongeur est comparé à la viande de poulet et au lapin. Par contre, le cochon d'Inde est rare dans les foyers congolais, contrairement au poulet, à la chèvre et aux autres animaux domestiques habituels.

Les chercheurs du CIAT étudient les moyens d'accroître le cheptel de cochons d'Inde à travers un projet financé par le gouvernement allemand, qui concernait en premier lieu le porc et la volaille. Ce projet a été élargi au cochon d'Inde, avec des expériences en cours dans quatre villages du Sud-Kivu, afin de trouver des moyens d'améliorer la quantité et la qualité de la viande.

«Aucun des scientifiques n'avait envisagé le cochon d'Inde comme une solution au (Congo) quand le projet a démarré», a expliqué Michael Peters du CIAT. «Maintenant, il pourrait bien y devenir indispensable». (ap)

Ton opinion