Cuisine: Quand son voisin fait office de fast food
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CuisineQuand son voisin fait office de fast food

Un site internet danois transforme les habitant alentours en fournisseurs de plats à emporter. Ses utilisateurs affichent ce qu'ils mijotent, pour quelle heure et à quel prix.

«Parfois je mets en vente une portion, parfois jusqu'à 20. Tout dépend de ce que je prépare et du temps que j'ai», explique Ana Teresa Salas, consultante à Copenhague. Dinnersurfer.dk, lancé en février, est la version gastronomique des sites de location de chambres chez l'habitant. De la même manière que cette chambre est normalement moins chère et plus personnalisée, le repas fleure bon la cuisine maison.

«Ça m'avait l'air génial. Je cuisine pour ma famille tous les jours quoi qu'il arrive, et j'en fais toujours trop», explique Ana Teresa, qui vend ses repas deux à trois fois par semaine. La plupart du temps ils sont inspirés par ses origines argentines, et attirent des clients en grande majorité jeunes et célibataires, qui déboursent environ 5,75 francs pour un plat principal.

Elle a réussi à cerner qui va sonner à sa porte. «Quand je fais des plats légers ce sont souvent des femmes et quand ce sont des pâtes ou quelque chose dans le genre, essentiellement des hommes», relève-t-elle. Le site est plus populaire dans les quartiers tendance de Copenhague, Norrebro et Vesterbro. Mais n'importe qui dans le monde peut créer son mini-restaurant sur la version anglaise. Sur un total de 2900 inscrits, dont 460 comme cuisiniers, les utilisateurs sont peu nombreux pour l'instant en dehors du Danemark.

Deux étudiants à l'origine du projet

Les fondateurs de Dinnersurfer, deux étudiants en école de commerce et un informaticien, connaissent les limites de la restauration à emporter. «On travaillait très tard sur un autre projet et on mangeait beaucoup de fast-food, dont on commençait vraiment à se lasser», raconte l'un d'eux, Kasper Kraegpoth.

«On voyait beaucoup de gens cuisiner leur propre repas et on s'est dit: pourquoi on ne peut pas simplement acheter de leur nourriture? On a pensé que ce serait une idée marrante qu'il y ait un service pour que les gens qui veulent la vendre trouvent d'autres personnes qui veulent l'acheter», ajoute-t-il. Sa dernière commande: un poulet tikka masala pour 30 couronnes (5 fr. environ). «Et ça comprenait le riz et le nan», précise-t-il.

La salubrité en question

Les cuisiniers échappent totalement aux inspections sanitaires, alors qu'au Danemark, le ministère de l'Alimentation, l'Agriculture et la Pêche publie sur internet les résultats détaillés de ses inspections de restaurants. Sur un forum danois, des internautes se sont demandés comment un acheteur pouvait déterminer que son plat n'avait pas été préparé dans une cuisine insalubre, ou si la viande était bien celle indiquée.

«On ne supervise pas les cuisiniers», concède Kasper Kraegpoth.

«Mais avec notre système de notation vous pouvez voir s'ils ont reçu de bonnes ou de mauvaises critiques.» Et, «jusqu'ici, on n'a jamais entendu parler de quelqu'un qui serait tombé malade», affirme-t-il.

(afp)

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