Vaccination Covid-19 - Quarantaine payée à 80%, la mesure ne convainc pas
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Vaccination Covid-19Quarantaine payée à 80%, la mesure ne convainc pas

En Suisse romande, seul le canton de Neuchâtel suit l’exemple jurassien et propose d’amputer la paie du personnel de santé déclaré cas contact.

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Cécile Détraz/Leïla Hussein
La pratique, consistant à verser 80% du salaire au lieu de la totalité au personnel soignant lors d’une quarantaine,  vise à inciter les personnes non immunisées à se faire vacciner.

La pratique, consistant à verser 80% du salaire au lieu de la totalité au personnel soignant lors d’une quarantaine, vise à inciter les personnes non immunisées à se faire vacciner.

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«C’est une mesure totalement disproportionnée», estime Nicolas Walder, président de la fédération genevoise des établissements médico-sociaux, concernant la décision de l’Hôpital du Jura, relayée mercredi par la RTS. Dès le mois de septembre, l’établissement prévoit d’amputer 20% du salaire des employés lors d’une quarantaine. Dans les faits, la mesure cible exclusivement le personnel non immunisé.

En Suisse romande, les institutions de santé, publiques et privées, n’entendent pas suivre l’exemple jurassien. Seule exception, dans le canton de Neuchâtel, l’association des établissements et maisons pour personnes âgées se prononce en effet en faveur de cette pratique, envisagée depuis plusieurs semaines, avec l’élaboration d’une recommandation en ce sens à ses membres.

Méthodes douces privilégiées

Au bout du lac, si la mesure n’est «actuellement pas» discutée aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), ils ne souhaitent pas faire de commentaire sur une éventuelle application future. Dans le canton de Vaud, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), qui ne prévoit pas de changement de cet ordre, est en train d’évaluer la mise en pratique de tests pour les employés non vaccinés.

Dans le secteur privé, on privilégie les méthodes douces pour inciter à la vaccination. A la Clinique de la Source, à Lausanne, cela passe par de la sensibilisation. A celle de Générale-Beaulieu, dans la cité de Calvin, le directeur Cédric Alfonso, peu favorable aux mesures contraignantes, préconise le dialogue, afin de rester «humain dans la manière de gérer les collaborateurs»

Un pari risqué

Pour Nicolas Walder, couvrir 80% du salaire plutôt que la totalité peut avoir des effets pervers. «Cela risque de pousser les gens à ne pas informer la direction le jour où ils sont cas contact. C’est contre-productif.» Le responsable rappelle que «le personnel soignant ne roule pas sur l’or. Aussi, une réduction de la paie peut devenir problématique pour les personnes concernées.» Son homologue, Cédric Alfonso doute également de l’efficacité d’une telle mesure.

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