05.06.2020 à 17:56

Lancy (GE)

Quarante bambins écartés de l’école de leur quartier

Plusieurs dizaines d’enfants seront scolarisés à une trentaine de minutes de chez eux, alors qu’un établissement se situe au pied de leurs immeubles.

de
Maria Pineiro
Ecole Le Sapay
Ecole Le Sapay

Depuis sa fenêtre, la maman atterrée peut voir, derrière les arbres, l’école dans laquelle ne pourront plus aller ses enfants.

DR

«Ils n’en ont rien à faire du bien-être de nos enfants!», s’exclame une maman du récent quartier de La Chapelle-les Sciers, situé à cheval sur les communes de Lancy et de Plan-les-Ouates. Comme nombre de ses voisins, elle a reçu un courrier du Département de l’instruction publique (DIP) la prévenant qu’à la rentrée, ses enfants ne seront plus scolarisés au Sapay, la toute proche école du quartier. Le futur établissement des deux garçons, Champ-Joly, se situe à une trentaine de minutes à pied du domicile de la famille. Une quarantaine d’enfants sont concernés. Ce sera la première rentrée pour le benjamin. L’aîné, lui, fréquente déjà l’école du Sapay qui se situe à... deux minutes de chez lui. Dès lors, c’est l’incompréhension. «Mon fils n’en a pas dormi de la nuit. Comment va-t-on s’organiser?» s’inquiète-t-elle.

Des bus pour les élèves?

Trente à quarante-cinq minutes pour rallier l’école le matin? Salima Moyard, conseillère administrative de Lancy depuis cinq jours, ne l’envisage pas. La solution retenue consistera en un transport quotidien, matin, midi et soir, par bus pour la quarantaine d’élèves concernés. Ce déplacement sera à la charge de la commune de Lancy.

Le malaise est d’autant plus fort que le courrier mentionne explicitement un accord passé entre les communes de Lancy et de Plan-les-Ouates concernant le Sapay. Ecole intercommunale, elle avait été cofinancée et doit accueillir des élèves des deux collectivités à parts égales. Or, indique la missive, à l’heure actuelle, seuls 13% des bambins proviennent de Plan-les-Ouates. «Cette dernière a donc revendiqué son droit d’usage des locaux puisque de nombreux élèves sont attendus sur cette commune à proximité de l’école du Sapay», confirme le département.

Mauvaise planification

Communes et DIP regrettent la situation et se disent conscients des difficultés qu’elle occasionnera pour les familles. Au-delà de la simple question de l’accord, le département explique que «la commune de Lancy est confrontée à une hausse massive de sa population scolaire. Or, elle n’a pas pu prévoir les investissements nécessaires pour pouvoir tous les accueillir». Autrement dit, le nombre d’enfants habitant le quartier a largement dépassé les prévisions, notamment parce qu’un certain nombre de logements accueille plus de locataires que ce que leur superficie laissait supposer. Il y a 50% d’enfants supplémentaires, précise Salima Moyard, nouvelle conseillère administrative de Lancy. L’élue indique que la commune fait actuellement face à de très fortes tensions au niveau des effectifs scolaires. Pour ce qui est de l’école du Sapay, elle annonce chercher encore une meilleure solution.

Les parents veulent résister

Jusqu’alors, les élèves habitant côté Lancy ont été scolarisés au Sapay. Mais de nouveaux immeubles doivent accueillir leurs habitants du côté de Plan-les-Ouates dès septembre. «Nos futurs communiers vivront eux aussi à cinquante mètres de l’école. Il n’y a pas de raison qu’ils soient lésés et de revenir sur ce qui avait été convenu. Il n’y avait pas de solution idéale», souligne Xavier Magnin, maire de Plan-les-Ouates. Un avis que ne partage pas la maman des deux enfants qui devront fréquenter la lointaine école: «On aurait pu appliquer le principe de premier arrivé, premier servi. Cela fait six ans que nous sommes ici. Quant aux futurs habitants, on ne sait pas quand tous les immeubles seront entièrement occupés. Certainement pas pour la rentrée.»

Elle, comme ses voisins, entend bien se battre pour préserver le bien-être de ses enfants. Diverses actions sont d’ores et déjà envisagées. «Nous n’avons même pas été consultés. On nous a mis devant le fait accompli, à peine trois semaines avant la fin de l’année scolaire.» Xavier Magnin et Salima Moyard convient les parents concernés à une réunion le 11 juin, «afin de pouvoir entendre les familles et leur expliquer comment on en est arrivé là».

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
62 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Alexia

05.06.2020 à 21:47

Je comprends cette maman on a toujours envie de protéger ses enfants, on veut le meilleur pour eux. Mais hélas on peut pas tout contrôler, alors j'espère qu'il y aura une solution pour tout le monde

sil

05.06.2020 à 21:44

a voire certains commentaires c est les parents qui ont un ont un problème !!!! réponse ? égoïste de M....

Oups

05.06.2020 à 21:44

Nos enfants font 1 heure de trajet par jour alors que nous avons une école au village. Faut arrêter de vous plaindre pour rien. Vos gosse ne sont pas des rois. Les mettre dans un cocon n’est pas leur rendre service. Vous voulez la facilité,mais dans la vie tout n’est pas acquis. Ne vous en déplaise.