Actualisé 07.08.2015 à 21:54

Afghanistan

Quatre attentats en 24h à Kaboul

La capitale afghane a été le théâtre vendredi d'une série de quatre attentats à la bombe qui se sont produits en moins de vingt-quatre heures. Le bilan est lourd: plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.

La première explosion est survenue en pleine nuit dans un quartier résidentiel du sud-est de la capitale afghane.

La première explosion est survenue en pleine nuit dans un quartier résidentiel du sud-est de la capitale afghane.

La première attaque s'est produite en tout début de journée dans le centre de Kaboul dans un quartier fortement peuplé. Elle n'a pas été revendiquée. Un attentat suicide, revendiqué lui par les talibans, a ensuite visé une académie de police au moment où des élèves officiers regagnaient le bâtiment, le soir. Selon les autorités, le bilan total des deux attaques serait d'une cinquantaine de morts ou blessés. L'AFP rendait compte d'au moins 35 morts.

En fin de journée, une troisième explosion a été à nouveau signalée dans le centre de la capitale, près de l'aéroport, selon des témoins qui ont fait état de tirs d'armes à feu.

Elle a été suivie rapidement par une quatrième déflagration, elle aussi proche de l'aéroport et visant des installations de la coalition internationale et des immeubles gouvernementaux. Des coups de feu se sont alors produits et des avions de l'OTAN ont été entendus volant au-dessus de la ville.

Camion piégé

Le premier attentat a été commis aux premières heures de la journée à l'aide d'un camion piégé qui a explosé près d'un site de l'armée faisant quinze tués. Le bilan pourrait s'alourdir, selon la police, dans la mesure où des bâtiments se sont effondrés et des corps pourraient être pris au piège des décombres.

Sous la violence de l'explosion, qui a creusé un cratère de dix mètres, des bâtiments ont été réduits en ruines. «L'attaque de la nuit dernière est un attentat terroriste lâche contre des civils», a déclaré à la presse le porte-parole du président Ashraf Ghani, Sayed Zafar Hashemi, précisant qu'il avait fait au moins 15 morts et 248 blessés.

L'attentat suicide s'est lui produit en début de soirée vendredi devant l'entrée d'une académie de police de Kaboul, alors que les cadets rentraient de week-end. Un kamikaze s'est fait exploser «au milieu d'un groupe de cadets», a déclaré le chef de la police de Kaboul, Abdul Rahman Rahimi. Une source a expliqué qu'il s'était fondu dans la masse grâce à l'uniforme de policier qu'il portait.

Trois sources au sein de la police et des services de renseignement, qui ont requis l'anonymat, ont avancé un bilan d'au moins 20 morts. De très nombreuses ambulances convergeaient toutes sirènes hurlantes vers le lieu de l'attentat, dans l'ouest de la capitale, selon un photographe de l'AFP qui s'est rendu sur place.

Premiers attentats majeurs post-Omar

Il s'agit des premiers attentats majeurs commis dans la capitale afghane depuis que les taliban ont confirmé la mort de leur chef suprême, le mollah Mohammad Omar, et annoncé la nomination de son successeur, le mollah Akhtar Mansour.

La guerre entre les taliban et le gouvernement afghan soutenu par un certain nombre de pays étrangers s'est intensifiée depuis la fin de la mission de combat de l'OTAN à la fin de l'année dernière et le retrait de la plupart des troupes étrangères.

Près de 5000 civils ont été blessés ou tués entre janvier et juin 2015, selon les Nations unies. Selon les estimations du général John Campbell, commandant américain des forces étrangères encore présentes dans le pays, les forces de sécurité afghanes perdent chaque mois quelque 4000 membres, déserteurs ou victimes des combats.

«Tactique de la nouvelle direction»

«Cette nouvelle vague d'attentats est une tactique utilisée par la nouvelle direction des talibans pour montrer qu'ils sont toujours opérationnels», a jugé Abdul Hadi Khaled, un expert Afghan en sécurité.

Car une frange de la rébellion islamiste refuse de faire allégeance au nouveau chef, le mollah Mansour, l'accusant d'avoir été couronné au terme d'un processus de désignation expéditif et d'avoir menti pendant deux ans sur l'état de santé du mollah Omar, qui s'est éteint en avril 2013 au Pakistan, selon les services secrets afghans.

En outre, une partie des talibans ne veut pas entendre des pourparlers de paix entamés il y a un mois avec le gouvernement afghan. Cette amorce de dialogue inédite est le dossier brûlant dont hérite le mollah Mansour. Après un premier cycle de pourparlers organisé début juillet au Pakistan, une deuxième rencontre devait avoir lieu la semaine dernière, mais elle a été reportée sine die après l'annonce de la mort du mollah Omar. (ats)

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