Actualisé 07.04.2013 à 16:24

«Offshore Leaks»Quatre banques cantonales épinglées

Après UBS et Credit Suisse, c'est au tour des banques cantonales d'être pointées du doigt par les révélations des journaux «Le Matin Dimanche» et la «SonntagsZeitung».

Pour le porte-parole de la ZKB, il n'y a aucune illgalité à utiliser une structure offshore dans un paradis fiscal

Pour le porte-parole de la ZKB, il n'y a aucune illgalité à utiliser une structure offshore dans un paradis fiscal

L'onde de choc suscitée par l'affaire des paradis fiscaux dite «Offshore Leaks» se poursuit. Les banques cantonales de Lucerne, Zurich (ZKB), St-Gall et des Grisons sont ainsi citées dans des documents ou e-mails. Ces fichiers montrent que de l'argent a été transféré de sociétés offshore vers des comptes des banques de Lucerne et de Zurich.

Interrogé par l'ats, le porte-parole de la ZKB Urs Ackermann, a rappelé que l'utilisation d'une structure offshore dans un paradis fiscal n'est pas illégale. Le porte-parole de la banque cantonale de Lucerne n'était quant à lui pas joignable dimanche.

Selon M. Ackermann, ces documents sont à prendre avec prudence, car difficiles à évaluer. De nombreux noms y figurent, pour lesquels il est difficile d'établir quel lien ils ont avec la banque. «Le fait est que nous n'avons jamais été un partenaire dont le but est de créer une société offshore», affirme-t-il.

Banque cantonale de St-Gall aussi pointée

La banque cantonale de St-Gall est également mentionnée dans ces fichiers. L'entreprise de services financiers Portcullis Trustnet, basée à Singapour, - également touchée par la fuite de données - considère sa filiale Hyposwiss comme un partenaire idéal.

Interrogé par l'ats, l'établissement financier a rappelé sa position déjà défendue dans la «SonnagsZeitung». Sa filiale Hyposwiss n'a jamais proposé de créer de sociétés offshore ou d'en mettre à disposition, affirme un porte-parole. A l'instar de la banque de Lucerne, aucune prise de position n'a pu être obtenue par la banque des Grisons.

Réaction demandée

La prudence est donc de mise. A l'heure actuelle, ce sont surtout des spéculations, a estimé le professeur de droit des affaires Peter V. Kunz. Mais le fait que des banques puissent être impliquées et avoir des relation avec des sociétés offshore ne l'étonne pas. Selon lui, il serait maintenant souhaitable de mettre ces documents à disposition des autorités politiques.

Un avis que partagent les cantons. Ces derniers exigent une réaction des autorités politiques. «L'Etat doit intervenir de manière conséquente», juge Christian Wanner, président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances (CDF).

«Avec les uns, on chipote sur de petites déductions professionnelles et d'autres pourraient tranquillement soustraire des millions?», s'interroge le conseiller d'Etat soleurois dans une interview accordée aux deux journaux dominicaux. «Ce n'est ni moral ni juste».

«La Confédération doit veiller à ce que des standards internationaux soient fixés dans le cadre des organisations internationales, comme l'ONU, l'OCDE ou le G20», abonde le directeur financier zougois Peter Hegglin. Des normes qui permettraient de contrôler que les trusts soient imposés correctement, juge celui qui succédera à Christian Wanner à la tête de la CDF.

Plus de 2,5 millions de documents

L'affaire Offshore Leaks a débuté jeudi lorsque les hebdomadaires «Le Matin Dimanche» et «SonntagsZeitung», parmi plus de 35 médias de toute la planète, ont révélé disposer de plus de 2,5 millions de documents concernant des sociétés offshore. Ces derniers ont été transmis à un réseau international de journalistes auquel participent des membres des deux rédactions.

Depuis plusieurs mois, plus de quatre-vingt journalistes du monde entier travaillent sur cette masse de données en mains du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), basé à Washington.

Selon les deux hebdomadaires, les Offshore Leaks concerneraient environ 300 personnes et 70 sociétés en Suisse. Parmi elles, une vingtaine de banques et de nombreux intermédiaires financiers auraient passé commande de milliers de sociétés offshores, destinées à abriter les comptes de leurs clients étrangers. (ats)

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