Élection Conseil d’Etat (GE): Quatre candidats pour le sprint final
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Élection Conseil d’Etat (GE)Quatre candidats pour le sprint final

Ce dimanche, le peuple décidera qui de Delphine Bachmann, Fabienne Fischer, Pierre Maudet ou Yves Nidegger sera le 7e membre du Gouvernement genevois. Rencontre en images et en paroles avec les candidats du second tour.

par
Leila Hussein
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Delphine Bachmann
Delphine Bachmann
Fabienne Fischer
Fabienne Fischer
Pierre Maudet
Pierre Maudet

Le deuxième tour de l’élection complémentaire au Conseil d’État genevois se joue ce dimanche 28 mars. Le peuple choisira un ou une candidat(e) pour compléter le collège gouvernemental actuel.

Ils sont quatre en lice: la PDC Delphine Bachmann, la Verte Fabienne Fischer, l’indépendant Pierre Maudet et l’UDC Yves Nidegger. Nous les avons rencontrés et vous proposons de les découvrir à travers de courtes vidéos, présentées par ordre alphabétique. Nous leur avons également demandé en quoi leurs positions politiques étaient différentes de celles de leurs adversaires.

Delphine Bachmann: la surprise last minute

Issue d’une famille de musiciens, Delphine Bachmann est l’aînée d’une fratrie dont les autres sont six garçons. Très tôt, cette infirmière de formation développe un goût pour la politique. Passionnée de natation, de course à pied et de montagne, à 32 ans, celle qui est à la tête du PDC depuis bientôt un an est sortie du bois au second tour. Alors qu’elle s’était tenue à l’écart de l’élection, la députée genevoise a annoncé contre toute attente sa candidature sur la liste du PBD, au lendemain du scrutin du 7 mars.

«Le caractère international de Genève et son attractivité économique contribuent à son succès», estime celle qui ne partage pas «la volonté d’isolement» de l’UDC Yves Nidegger. Pour Delphine Bachmann, le développement d’accords-cadres est «essentiel afin d’apporter de la stabilité, surtout en période de crise».

Si la présidente du PDC admet que son parti porte souvent les mêmes constats que la gauche, «les réponses apportées, elles, sont différentes. Alors que les Verts ont une vision très étatique, nous croyons en la responsabilité individuelle.» Sur la question climatique, par exemple. «Plutôt que de prôner des interdictions», la trentenaire préconise de gagner l’adhésion des citoyens car «c’est en leur expliquant la nécessité d’un changement qu’ils modifieront véritablement leur comportement».

À «l’approche Maudet» que la candidate du Centre qualifie «de peu regardante en matière de dépenses publiques», elle préfère engager «une réflexion globale sur la structure et le fonctionnement de l’Etat pour permettre une relance économique forte et efficace».

Fabienne Fischer: l’espoir de la gauche

Arrivée en tête au premier tour, Fabienne Fischer, 59 ans, est désormais seule à défendre les couleurs de la gauche. Professeure de sciences humaines au Collège, cette mère de trois enfants s’est ensuite tournée vers le métier d’avocate qu’elle exerce depuis 15 ans. Férue de culture sous toutes ses formes, la Verte évolue dans les milieux associatif et politique depuis 40 ans. Aujourd’hui, l’espoir de la gauche croit en son entrée au gouvernement.

A ses yeux, l’État doit être au cœur de l’action. «C'est à lui de piloter la sortie de crise et d'orienter la reprise économique en développant des emplois socialement utiles et des investissements pour le climat. Une approche très différente de la candidate de la droite», estime Fabienne Fischer.

«Je ne vois pas ce que je peux partager avec Yves Nidegger. Ses valeurs d’extrême droite sont aux antipodes des miennes», confie la Verte, pour qui le respect et l’acceptation sont une manière de valoriser toutes les identités dans leurs diversités. «Que ce soit sur la question des étrangers et les initiatives xénophobes de son parti ou en matière de mariage pour tous», aucune affinité politique n’existe avec le candidat UDC.

Enfin, «tout me différencie de Pierre Maudet. Ma politique est tournée vers la solidarité, le social et la justice». Là où l’ex-PLR «favorise de grandes entreprises internationales», la Verte préfère s’adresser à des partenaires locaux. Là où il «introduit des acteurs privés dans des domaines régaliens», elle juge que certaines tâches incombent uniquement à l’Etat, comme la gestion de l’aéroport et de la sécurité.

Pierre Maudet: le déchu ressuscité

Magistrat démissionnaire, à 42 ans, Pierre Maudet convoite son propre siège. Animal politique depuis son plus jeune âge, il navigue en eaux troubles depuis près de trois ans. L’affaire Abu Dhabi lui a valu son exclusion du PLR, une mise à l’écart au Conseil d’Etat et une condamnation pour acceptation d’un avantage, à la suite de laquelle il a fait appel. Enfin, un rapport sur sa gestion jugée trop autoritaire et humiliante a privé le candidat indépendant de son dicastère. Donné pour mort politiquement, il a malgré tout créé la surprise en terminant deuxième au premier tour.

Contacté, Pierre Maudet n’a pas souhaité s’exprimer sur la politique prônée par ses adversaires. «Je préfère laisser chacune et chacun apprécier des différences entre candidat-e-s car il me semblerait très prétentieux de s’ériger en juge et partie à la fois.»

Yves Nidegger: l’opposant de droite

Seul candidat issu d’un parti absent du Conseil d’Etat, l’UDC Yves Nidegger a pris la quatrième place au premier tour de l’élection. Né à Zurich, il a effectué toute sa scolarité au bout du lac, où il a ouvert un cabinet d’avocats. A 63 ans, cet amateur de chevaux et de livres a une longue carrière politique derrière lui. Entré dans l’arène en 2003, il est conseiller national à Berne depuis 2007 et a été élu à trois reprises au Grand Conseil, où il siège actuellement.

Contre «le blanchiment de clandestins (ndlr: L’opération Papyrus visait à régulariser des personnes sans-papiers) et l'euro-enthousiasme de Pierre Maudet», Yves Nidegger préconise de son côté la préférence indigène, à l’instar de son parti.

Il dénonce une gauche «en guerre contre la mobilité. On a créé des fortifications autour de Genève pour empêcher la circulation. Il faut détruire tout ça.» Il appelle à récupérer les «surfaces gâchées», pour les répartir de manière équitable entre tous les modes de transport et laisser les deux-roues utiliser les voies des bus ainsi que les pistes cyclables lorsqu’elles sont libres, dans le respect des usagers prioritaires. Autre politique de l’Alternative décriée par Yves Nidegger, cette fois en matière d’impôts: «Harceler la classe moyenne en augmentant les taxes, ça ne rafraîchit pas le climat mais échauffe plutôt les esprits.»

Enfin, il critique le PDC, qu’il juge «opportuniste et sans contenu propre».

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