Crise financière: Quatre défis majeurs pour l'économie mondiale
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Crise financièreQuatre défis majeurs pour l'économie mondiale

Jean-Pierre Roth, président de la BNS, a relevé quatre défis majeurs pour l'économie mondiale.

Il a invité les acteurs du monde financier à la prudence, pour tirer rapidement les leçons de la crise financière.

«Nous entrons dans des années de croissance faible après l'euphorie et les excès des marchés financiers des années 2000», a expliqué mardi M.Roth, présentant sa vision à moyen terme, à quelques semaines de son départ à la retraite.

Premier changement: un retour à l'épargne des ménages américains. «C'est une bonne nouvelle pour le système financier international est une mauvaise nouvelle pour la croissance», a-t-il précisé. La consommation asiatique, moteur futur de l'économie mondiale, ne prendra pas le relais avant plusieurs années.

Conséquence, le chômage se résorbera plus lentement que lors des crises précédentes, suivies jusque-là d'une reprise très forte de l'activité. «On va vers des périodes de vaches maigres de l'économie mondiale», a ajouté le président de la BNS.

Europe affaiblie

Autre enseignement, l'Europe sort affaiblie de la crise, n'ayant pas résolu auparavant de sérieux problèmes de financement. Avec le vieillissement de la population qui s'accélère et la hausse des coûts de la santé, la croissance de l'endettement est énorme.

«Tous les pays vont être confrontés à la reconsolidation de leurs finances publiques», a estimé Jean-Pierre Roth. «Tout va arriver en même temps alors que les taux de chômage dans l'Union européenne sont déjà élevés, autour de 10%». Résultat, la croissance européenne sera «encore plus faible» que dans le reste du monde.

«C'est un élément défavorable pour l'économnie suisse très tournée vers l'exportation sur ces marchés» a rappelé le président de la BNS. En outre, «l'atmosphère a changé en Europe, avec certains accents protectionnistes et discriminatoires».

Imageant ses propos, le président de l'institut d'émission considère que l'on est entré «dans une période d'arrosage» plutôt que de réforme et de d'assainissement. «L'environnement européen sera difficile car la consolidation financière sera relativement douloureuse».

Remise en ordre

Autre défi majeur, il s'agira de «mettre en ordre le secteur financier» alors qu'aux premiers signes de redressement, l'appétit au risque et le goût pour la maximisation des profits reparaissent déjà. «On entend des voix dissonantes et les promesses faites s'oublient».

Selon Jean-Pierre Roth, la Suisse soutient ardemment la relance de la coopération économique internationale. Alors que la sortie de crise s'amorce, les organisations internationales, comme le Fonds monétaire international, devront être renforcées.

«Ce sont ces organisations qui ont des mandats, des missions et des valeurs communes», a estimé M.Roth. Ce qui n'est pas le cas du G20, «qui n'a pas de légitimité», malgré la conduite des opérations dans l'urgence.

«Après la crise, le leadership du G20 n'aura pas trop de raison d'être et il faudra alors renforcer la gouvernance des pays», a-t-il ajouté.

Face à une économie mondiale « qui marche moins bien», la Suisse sera elle aussi affectée, a indiqué le président de la BNS. Néanmoins, grâce à ses positions plus fortement acquises en Asie que celles d'autres pays européens, et surtout grâce à des technologies «que l'Asie attend», elle s'en sortira mieux. (ats)

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