29.07.2020 à 23:37

Hong Kong

Quatre étudiants arrêtés en vertu de la loi sur la sécurité

Les arrestations de quatre étudiants hongkongais sont les premières visant des figures politiques depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.

Une nouvelle unité de sécurité nationale a été créée au sein de la police hongkongaise dans le cadre de la loi imposée par Pékin (archives).

Une nouvelle unité de sécurité nationale a été créée au sein de la police hongkongaise dans le cadre de la loi imposée par Pékin (archives).

KEYSTONE/AP/Kin Cheung

Quatre étudiants de Hong Kong impliqués dans un groupe indépendantiste récemment dissous ont été arrêtés par la police mercredi dans le cadre de la nouvelle loi controversée sur la sécurité nationale, a-t-on appris auprès du groupe et des forces de sécurité.

Il s'agit des premières arrestations visant des figures politiques publiques depuis l'entrée en vigueur de cette loi, imposée par Pékin à son territoire semi-autonome le 30 juin dernier. Les quatre étudiants arrêtés – trois hommes et une femme âgés de 16 à 21 ans – sont soupçonnés d'»organisation et d'incitation à la sécession", selon la police.

«Nos sources et notre enquête montrent que le groupe a récemment annoncé sur les réseaux sociaux la création d'une organisation qui prône l'indépendance de Hong Kong», a précisé aux journalistes Li Kwai-wah, un officier membre de la nouvelle unité de sécurité nationale créée au sein de la police hongkongaise.

Crainte d’un recul des libertés

Dans un communiqué, Student Localism, un groupe prônant l'indépendance et dissous en juin, a fait savoir que son ancien dirigeant Tony Chung, 19 ans, faisait partie des personnes arrêtées. Deux autres anciens membres du groupe ont été identifiés par des responsables politiques et des médias locaux.

La loi sur la sécurité nationale imposée par le régime communiste de Pékin sanctionne «la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères». Elle fait craindre à l'opposition pro-démocratie locale un grave recul des libertés en vigueur dans l'ancienne colonie britannique de 7,5 millions d'habitants, rétrocédée à la Chine en 1997.

Les récents abus «de cette loi draconienne montrent clairement que l'objectif est de réduire au silence la dissidence, et non de protéger la sécurité nationale», a réagi Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine à Human Rights Watch, après les dernières arrestations. Les détails de la nouvelle loi, qui contourne le conseil législatif local, ont été gardés secrets jusqu'à sa promulgation. Du jour au lendemain, certaines opinions, notamment celles prônant l'indépendance ou une plus grande autonomie du territoire, sont devenues illégales.

Les premières arrestations qui ont suivi la promulgation de la loi ont ciblé des personnes possédant des drapeaux indépendantistes. C'est la police hongkongaise qui a procédé aux arrestations de mercredi. La nouvelle loi permet toutefois pour la première fois aux agents de sécurité chinois d'intervenir ouvertement dans l'ancienne colonie britannique.

(AFP/NXP)

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