Fausses alertes à la bombe - Les élèves qui s’absentent de leur classe sont répertoriés
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Fausses alertes à la bombeLes élèves qui s’absentent de leur classe sont répertoriés

Désormais, quatre cas de fausses alertes à la bombe dans des établissements scolaires vaudois ont été résolus. Trois jeunes sont encore détenus. Le DFJC revient sur les consignes mises en place.

L’enquête se poursuit dans le cadre des affaires d’alertes à la bombe.

L’enquête se poursuit dans le cadre des affaires d’alertes à la bombe.

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L’enquête sur la série de fausses alertes à la bombe progresse. Les différentes mesures d’enquête, dont l’analyse des éléments techniques, les auditions, les recherches téléphoniques, etc. ont déjà permis la résolution formelle de trois cas à l’EPCL, au COFOP et au CEPM, ainsi que d’un quatrième au Collège de Chavannes-près-Renens, où les auteurs s’étaient spontanément annoncés. Les directions des établissements touchés et le Département travaillent conjointement avec les enquêteurs pour démasquer les responsables.

Entre le 27 janvier et le 20 avril 2021, la police cantonale vaudoise est intervenue pour 19 cas de fausses alertes à la bombe dans des établissements de formation de la région de Lausanne et Morges. Les établissements touchés sont l’EPCL, l’EPSIC, le COFOP et le Gymnase de Beaulieu à Lausanne, le CEPM, l’École de la transition et le Gymnase à Morges, le Gymnase de Renens et le collège de la Planta à Chavannes-près-Renens. Les 19 cas font l’objet d’instructions pénales par les ministères publics de Lausanne et de La Côte, selon un communiqué de la police cantonale vaudoise.

D’autres délits

Les personnes impliquées ont admis leur participation, à des degrés divers, dans l’un ou l’autre des cas. Il s’agit de deux femmes de 19 et 24 ans, une Suissesse et une Croate, ainsi que de trois hommes de 20 et 21 ans, deux Suisses et un Chilien. Trois d’entre eux ont été libérés cette semaine après presque un mois de détention, le quatrième et le cinquième restent incarcérés.

Un sixième auteur, un Suisse de 23 ans, est également détenu pour un cas qu’il conteste et pour lequel des éléments techniques le mettent en cause. Les différentes investigations de la police ont permis de mettre en évidence d’autres délits connexes commis par une partie des personnes arrêtées, dont des affaires de vols, recel, pornographie, stupéfiants et infractions graves à la LCR.

Élèves exclus

Compte tenu des éléments de l’enquête pénale, les directions de l’EPCL et du CEPM ont prononcé une exclusion définitive de ces cinq élèves, soit la sanction maximale prévue par la loi vaudoise sur la formation professionnelle. Dans l’intérêt des jeunes impliqués et de leur avenir professionnel, les directions conservent cependant la possibilité de réexaminer cette décision en tout temps, sur demande de ces jeunes, notamment si des faits nouveaux sont invoqués, en lien par exemple avec la procédure.

Mieux vaut prévenir

«Nous avons mis en place beaucoup de messages de prévention et de sensibilisation à l’intention des élèves, des enseignants et de tout le personnel des établissements concernés, tels que des courriers, mails, informations dans les classes, etc. Il était important que les responsables de ces actes sachent à quelles conséquences elles et ils s’exposent», déclare Julien Schekter, responsable de la communication au Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC).

Jusqu’à 3 ans de prison

Ces fausses alertes constituent un délit passible d’une peine privative de liberté de 3 ans au plus ou d’une peine pécuniaire pour fausse alerte, selon l’article 128 bis du Code pénal suisse (CP) et pour menaces alarmant la population, selon l’article 258 CP. Quant aux auteurs impliqués dans plusieurs alertes, ils risquent une peine pouvant aller jusqu’à 4 ans et demi de privation de liberté.

Il poursuit: «Pour prévenir d’autres fausses alertes et limiter le champ des recherches lorsqu’un cas à lieu, les établissements du secondaire II font un relevé des élèves qui quittent leur classe pendant le cours. Cela fait partie de notre collaboration avec les enquêteurs.» Un soutien psychologique a été mis à disposition des élèves et collaborateurs. «Des rattrapages ciblés sont planifiés au cas par cas selon les évacuations, notamment dans les écoles professionnelles touchées plusieurs fois», complète Julien Schekter.

Les consignes sont claires

Si quelqu’un trouve un mot alarmant en milieu estudiantin, Julien Schekter rappelle que les consignes sont de:

  • ne pas toucher aux éléments de preuve

  • prendre si possible une photo de la situation

  • condamner si possible l’espace concerné pour les personnes disposant de clefs

  • informer immédiatement la direction

A noter que les investigations sont menées par une task-force composée de 12 enquêteurs et enquêtrices de la police judiciaire municipale de Lausanne et de la police de sûreté vaudoise.

(comm/cbx)

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