Actualisé 29.01.2019 à 19:11

FranceQuatre interpellations après un reportage-choc

Mi-décembre, le parquet français a ouvert une enquête après la diffusion d'un reportage sur la chaîne qatarie Al Jazeera sur des membres de la mouvance d'ultra droite.

Soupçonnés notamment de violences, d'incitation à la haine et d'apologie du terrorisme, quatre membres de la mouvance d'ultra droite ont été placés en garde à vue mardi à Lille, dans le cadre d'une enquête ouverte après la diffusion d'un reportage sur le bar privé «La Citadelle».

Mi-décembre, le parquet avait ouvert une enquête quelques jours après la diffusion sur la chaîne qatarie Al Jazeera de ce sujet en deux parties, intitulé «Generation Hate». Filmés en caméra cachée, des clients y tiennent des propos racistes, notamment dans les locaux de ce bar situé en plein coeur de Lille et dont le président affirme être le représentant régional du groupuscule d'ultra droite Génération identitaire.

Plusieurs personnes fréquentant cet établissement se vantent de ratonnades contre des personnes d'origine arabe. On les voit aussi trinquer au «Troisième Reich» et se livrer à une agression contre une jeune femme présentée comme maghrébine.

«Montages trompeurs»

L'enquête de la sûreté urbaine porte sur des «faits de violence, propos racistes, incitation à la haine et apologie du terrorisme», a indiqué à l'AFP une source policière. Le président de «La Citadelle», Aurélien Verhassel, ne fait pas partie des quatre personnes interpellées mardi matin à leur domicile, des hommes âgés de 18 à 30 ans et habitant dans la métropole lilloise.

Lors d'une conférence de presse le 17 janvier, Aurélien Verhassel, 34 ans, avait condamné ces deux «pseudo-reportages» de la chaîne qatarie, faits de «montages trompeurs» et «fallacieux». Selon lui, il n'existe «aucun lien juridique ou structurel entre l'organisation Citadelle - c'est une association - et Génération identitaire».

«Ce sont deux entités différentes», avait insisté Aurélien Verhassel, qui se dit également représentant de Génération identitaire en Flandres, Artois et Nord. Selon lui, les personnes tenant des propos racistes dans le reportage étaient «de passage» et «pas des militants actifs».

«Propos insupportables»

Le local privé - qui n'a pas pignon sur rue, se trouvant dans une cour - a été ouvert en 2016 à l'initiative de membres de Génération identitaire et revendique 1.200 adhérents. Cette «maison de l'identité» se veut également permanence juridique, salle de boxe ou encore ciné-club.

Dénonçant les «propos insupportables» tenus dans le documentaire, la maire socialiste de Lille, Martine Aubry, avait réclamé la fermeture de «La Citadelle» et saisi le parquet avec le préfet du Nord, Michel Lalande. Quelque 300 personnes avaient également manifesté en décembre pour réclamer la fermeture du bar «qui participe à répandre des idées fascistes».

«Il n'y a jamais eu de plainte»

Dans le premier volet de ce documentaire choc d'Al Jazeera, on voit une jeune femme désignée comme maghrébine poussée par un homme au visage découvert, puis frappée à coup de poings par un autre, de nuit, dans un autre quartier animé de Lille.

«Il n'y a jamais eu de plainte ou de main courante de cette jeune fille», a déclaré à l'AFP une source policière. «On ne l'a pas retrouvée, mais peut-être qu'elle va se manifester.» Quant aux agresseurs, «peu importe leur appartenance à un groupe particulier, ils ont été interpellés parce que dans le reportage ils commettent des infractions, on les voit, on les a identifiés», poursuit cette source.

Selon Aurélien Verhassel, joint par l'AFP, deux des membres qui tenaient des propos racistes dans le reportage ont été «exclus de la Citadelle» après sa diffusion, mais n'ont «jamais été membres de Génération identitaire.»

Par ailleurs, plusieurs membres de Génération identitaire ont également été placés en garde à vue mardi à Lyon, en lien avec leurs patrouilles anti-migrants menées dans les Alpes au printemps 2018. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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