Canton du Valais: Quatre mineurs sur 10 ont obtenu de l'alcool en 2017
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Canton du ValaisQuatre mineurs sur 10 ont obtenu de l'alcool en 2017

Après cinq ans d'achats tests d'alcool par des jeunes, les professionnels de la prévention sont assez satisfaits. La procédure sera désormais couplée au tabac.

par
Pauline Rumpf

Johnny Vaillant, assistant de direction aux Brasseurs de Sion, a réussi cette année l'achat test d'alcool réalisé dans son établissement. Il raconte.

Difficile de donner des tendances, mais les résultats généraux semblent réjouir les professionnels de la prévention. En 2017, 57% des shops et bars testés ont refusé du premier coup la vente de vodka aux jeunes de 15 ans venus incognito tester leur commerce. C'est un peu moins bien que les deux années précédentes, mais bien mieux qu'en 2014 (36% de refus lors du premier passage).

De plus, les chiffres montrent que l'action a un effet, en tout cas à court terme: seuls 4% des commerçants ont joué les récidivistes en ratant deux fois le test la même année.

«Il est difficile de comparer les chiffres car les établissements et les régions testés sont chaque année différents, explique Sébastien Blanchard, intervenant en prévention pour Addictions Valais. Mais les résultats sont là: pour les commerçants qui réussissent le test, c'est très gratifiant, et pour les autres, le dégât d'image dans la commune est une vraie sanction.»

Coupler la prévention du tabac et de l'alcool

Pour 2018, une nouvelle idée va être mise en place: durant une phase pilote d'un an sera testée non seulement la vente d'alcool, mais aussi de tabac. «90% des fumeurs commencent avant 20 ans, rappelle Delphine Maret Brühlart, chargée de prévention au Cipret.» Or, entre 2012 et 2017, les achats test de cigarette auprès de mineurs ont eu une issue négative pour 53% des commerçants.

Cinq villes valaisannes vont être testées par des ados de 14-15 ans durant l'année: Monthey, Martigny, Sion, Sierre et Viège. Les établissements seront évalués soit sur le tabac, soit sur l'alcool, et suivra une discussion avec le vendeur ou le serveur. Le résultat sera transmis à la police et la commune, et cette dernière décidera des mesures répressives à prendre ou non.

«On fait de toute façon le travail, alors autant maximiser l'utilisation des forces et du budget», souligne Sébastien Blanchard. Le Canton du Valais est pionnier en la matière.

Obligation d'aviser les parents

Jusqu'à maintenant, les établissements récidivistes étaient dénoncés pénalement à la police. Désormais, la procédure dépendra de la commune, mais la police de proximité sera toujours informée, ceci permettant d'appliquer une pression supplémentaire sur les mauvais élèves.

Du côté des jeunes, la prévention se fait notamment dans les écoles, mais aussi dans la rue. "Si on détecte des comportements suspects, on peut bien-sûr intervenir, et le cas échéant nous avons l'obligation d'informer le responsable légal si son enfant mineur est en possession d'un produit qu'il ne devrait pas avoir l'autorisation d'acheter", explique Cédric Dayer, policier à Sion.

Comparaison difficile

A l'échelle de la Suisse, les achats tests d'alcool étaient ratés par 32% des établissement en 2017, annonçait la Régie fédérale des alcools l'été dernier. Dans le canton de Vaud, pour 2015, ce chiffre se montait à 65%, et à 54% pour Genève en 2014. Les comparaisons sont toutefois difficiles à tirer, puisque les échantillons et les tests sont réalisés de façon très différente selon les cantons. En Valais par exemple, c'est la police municipale qui propose une liste des établissements à contrôler; les mauvais élèves sont donc probablement davantage ciblés, et l'échantillon ne sera donc pas représentatif.

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