Actualisé 14.03.2016 à 16:45

TurquieQuatre suspects arrêtés après l'attentat d'Ankara

Après l'attentat survenu au coeur de la capitale turque dimanche (37 morts), la police annonce quatre arrestations.

Des éléments «quasi-sûrs» impliquent les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans l'attentat meurtrier survenu dimanche soir dans le centre d'Ankara, a affirmé lundi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. «Nous disposons d'éléments très sérieux, quasi-sûrs qui impliquent l'organisation séparatiste terroriste», le PKK, a déclaré M. Davutoglu devant la presse, ajoutant que 11 suspects avaient déjà été arrêtés en lien avec l'attaque, qui a fait au moins 36 tués.

«Nous pensons que l'un des responsables est une femme ayant des liens avec le PKK», a affirmé sous couvert de l'anonymat à l'AFP un responsable turc. Selon la presse turque, Seher Cagla Demir, 24 ans, étudiante à l'université de Balikesir, a été identifiée grâce à ses empreintes digitales. Originaire de la ville de Kars, elle aurait rejoint les rangs du PKK en 2013.

Les autorités évoquent aussi la présence à bord du véhicule d'un deuxième «kamikaze», identifié comme un ressortissant turc lié au mouvement séparatiste kurde.

L'attaque à la voiture piégée qui a frappé dimanche un carrefour très fréquenté du centre d'Ankara a fait 37 morts, selon un nouveau bilan communiqué lundi matin par le ministre de la Santé, Mehmet Muezzinoglu. Septante-et-un blessés étaient toujours hospitalisés lundi matin, dont quinze dans un état grave.

Pilonnages et arrestations

Quelques heures après l'attaque meurtrière, l'aviation a pilonné en représailles plusieurs bases du PKK dans les montagnes du nord de l'Irak, a annoncé l'état-major. En outre, quatre personnes au moins ont été interpellées dans la ville de Sanliurfa, dans le sud-est à majorité kurde du pays où a été acheté le véhicule piégé qui a explosé dimanche soir contre un autobus sur la place Kizilay.

Ce nouveau coup porté au coeur d'Ankara est le deuxième en moins d'un mois. Il met en difficulté le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, dont le parti a remporté les législatives du 1er novembre en promettant «l'éradication» de la rébellion kurde et en se posant en rempart contre le «chaos».

Explosifs identiques

Le 17 février, un attentat similaire avec un véhicule suicide piégé avait détruit à Ankara des bus transportant des personnels militaires, faisant 29 morts. Un groupe radical dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), qui s'est illustré depuis dix ans en attaquant cibles civiles et sites touristiques, avait revendiqué l'opération et annoncé de nouvelles attaques.

Les explosifs utilisés dimanche soir sont du même type que ceux employés le mois dernier et des clous et des billes ont été ajoutés pour provoquer le maximum de dégâts, a ajouté une source policière.

Les attentats commis ces derniers mois à Ankara mais aussi à Istanbul, où le quartier touristique de Sultanahmet a été pris pour cible le 12 janvier, contribuent à déstabiliser la Turquie.

Les autorités sont à la fois confrontées aux opérations des islamistes de l'organisation Etat islamique (EI) et à la reprise des violences contre les séparatistes kurdes, ces derniers concentrant leurs attaques sur les forces de sécurité. Le cessez-le-feu qui était observé depuis deux ans et demi dans le sud-est principalement kurde du pays a volé en éclats l'été dernier.

Funérailles

Les funérailles des premières victimes se sont déroulées lundi à Ankara. «Cela fait plus d'une semaine que les gens parlent du risque d'un nouvel attentat à la bombe et l'Etat ne prend aucune précaution», a déploré Nihat Görgülü, l'oncle d'une des victimes, «l'Etat se moque des citoyens».

L'ambassade des Etats-Unis en Turquie avait alerté vendredi ses ressortissants sur une «possible attaque terroriste» à Ankara visant «des bâtiments du gouvernement turc».

L'opposition turque a elle aussi clairement mis en cause la responsabilité du gouvernement. «La Turquie n'est pas bien gouvernée», a déploré le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Kemal Kiliçdaroglu. «Nous ne méritons pas cette situation insupportable où les parents enterrent leurs enfants», a-t-il jugé. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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