Actualisé 24.02.2016 à 09:55

BellinzoneQuatre terroristes présumés jugés au Tessin

Quatre Irakiens sont accusés d'avoir soutenu l'Etat islamique (EI) et d'avoir voulu implanter une cellule de Daech en Suisse. Leur procès s'ouvrira lundi prochain.

Le Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone.

Le Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone.

photo: Kein Anbieter/ARCHIVES

Le procès de quatre Irakiens accusés d'avoir soutenu l'Etat islamique (EI) et d'avoir voulu implanter une cellule de Daech en Suisse s'ouvrira lundi prochain à Bellinzone devant le Tribunal pénal fédéral. Deux des accusés sont suspectés d'avoir planifié des attentats terroristes.

L'un des quatre accusés, qui fait figure selon l'acte d'accusation de principal suspect, est né dans la ville irakienne de Kirkouk. Paraplégique, il se déplace en chaise roulante et était entré en Suisse en 2012, où il a obtenu l'asile.

Agé de 30 ans, cet homme est suspecté d'avoir rejoint une organisation terroriste en Irak en 2004 déjà. En 2011, il aurait noué des contacts en Syrie avec des membres de l'Etat islamique en Irak et au Levant.

Hospitalisé à Schaffhouse puis au Centre suisse des paraplégiques de Nottwil (AG) après son arrivée en Suisse, cet homme aurait maintenu ses liens avec cette organisation et planifié des attentats terroristes.

Selon l'acte d'accusation du Ministère public de la Confédération, le prévenu a projeté ses attentats avec un des trois autres prévenus, un Irakien de 32 ans lui aussi né à Kirkouk. Il avait également le soutien d'une tierce personne qui devait arriver de l'étranger.

Apologie de la charia

Ses opérations et sa rééducation à Nottwil n'ont pas empêché le trentenaire de rester très actif sur les réseaux sociaux. Il a publié des vidéos faisant l'apologie de la charia et du terrorisme, ainsi que de nombreux commentaires, dont certains plutôt méprisants pour les Suisses, traités de «chiens» ou d'«ânes».

L'acte d'accusation ne fournit aucune indication sur les lieux ou les pays qui auraient pu être visés par un attentat terroriste. Les conversations interceptées, qui ne contiennent que des propos allusifs, démontrent toutefois que les accusés avaient l'intention de le perpétrer au nom de l'EI.

Trois des quatre accusés avaient été arrêtés en Suisse et incarcérés au printemps 2014. L'enquête avait démarré sur la base d'informations du Service de renseignements de la Confédération. Celui-ci avait été alerté par son équivalent américain qu'un groupe de l'Etat islamique planifiait un attentat.

Propagande, instructions et conseils

A plusieurs reprises, le TPF a refusé la mise en liberté des trois suspects. Le Ministère public de la Confédération leur reproche d'avoir pris part à l'organisation criminelle que constitue l'Etat islamique, de l'avoir soutenue en exécutant des tâches de propagande, en donnant des instructions et en fournissant des conseils opérationnels.

Le 17 juillet 2015, la procédure avait été étendue à un quatrième prévenu qui était parti en Syrie pour remettre des appareils de communications à l'Etat islamique. Il lui est également reproché d'avoir fait disparaître, sur Facebook, des preuves le liant à un membre important de Daech.

Le procès des quatre Irakiens devrait durer une semaine, soit du lundi 29 février au vendredi 4 mars. Si les circonstances l'exigent, il pourrait se prolonger la semaine suivante. Le jugement sera rendu le 18 mars par la Cour des affaires pénales du TPF. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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