Actualisé 15.03.2020 à 19:44

Ville de GenèveQuatuor rose-vert le vent en poupe pour la mairie

Verts et socialistes ne semblent pas vouloir faire de place au candidat d'Ensemble à Gauche. A droite, l'alliance ou non avec l'UDC divise.

de
Jérôme Faas
Alfonso Gomez, Christina Kitsos, Sami Kanaan et Frédérique Perler sont proches de la mairie.

Alfonso Gomez, Christina Kitsos, Sami Kanaan et Frédérique Perler sont proches de la mairie.

Keystone/Salvatore di Nolfi

La gauche a fait carton plein au premier tour de l'élection à l'Exécutif. Sami Kanaan, conseiller administratif sortant, et Christina Kitsos (PS) devancent Frédérique Perler et Alfonso Gomez (Verts). En cinquième position se trouve Simon Brandt (PLR), en sixième Marie Barbey-Chappuis (PDC), alors que cinq sièges sont à pourvoir.

Suivent Susanne Amsler (Vert'libéraux), Maria Pérez (Parti du travail), Pierre Bayenet (Ensemble à Gauche), Alia Chaker-Mangeat (PDC), Luc Barthassat (MCG), Daniel Sormanni (MCG), Christo Ivanov (UDC), Pascal Altenbach (UDC), Sanja Duvnjak (égalité et équité) et Pascal Spühler (parti populaire).

Les Verts pas prêts à se sacrifier

Les alliances pour le second tour, prévu le 5 avril, seront donc cruciales. À gauche, tant le PS que les Verts privilégient un ticket à quatre, inchangé par rapport au 1er tour. Co-président des écologistes genevois, Didier Bonny indique ainsi que «l'option forte, c'est de repartir avec les quatre mêmes. Ce sont bien sûr les assemblées générales qui décideront. La seule question qui se pose, c'est d'éventuellement y aller à cinq, mais cela ne s'est jamais fait.» Bref, les Verts n'entendent pas, a priori, retirer l'un de leurs candidats pour faire de la place à Pierre Bayenet, d'Ensemble à Gauche. «Nous ne sommes pas en train de nous casser la tête. On a eu une belle dynamique qui a fonctionné à tous les étages. La progression des Verts ne s'est pas faite au détriment des socialistes. On ne va pas casser ce mouvement. On a dix-huit sièges, Ensemble à Gauche six, je ne vois pas comment on pourrait retirer l'un de nos candidats.»

Pierre Bayenet, au contraire, plaidait pour intégrer un ticket à quatre. «La seule déception, c'est de finir derrière Maria Pérez (Parti du Travail). Mais la gauche est majoritaire au Conseil municipal, et je réalise presque 2000 voix de plus que Rémy Pagani voici cinq ans. Il s'agit donc d'un bon résultat.» Il envisageait par conséquent de se présenter au second tour. «Il va s'agir de convaincre le PS et les Verts de s'allier avec nous.» Et de plaider pour un ticket à quatre, avec comme corollaire le sacrifice volontaire d'un socialiste ou d'un Vert à son profit.

Alors que le Parti du travail n'a pas atteint le quorum et ne disposera pas d'élus au Conseil municipal, Maria Pérez a pour sa part annoncé qu'elle maintenait, pour l'heure, sa candidature.

Alia Chaker-Mangeat se retire

À droite, les alliances à venir paraissent plus incertaines qu'à gauche. La démocrate-chrétienne Marie Barbey-Chappuis bénéficie depuis hier du désistement de sa colistière Alia Chaker-Mangeat. Elle plaide dorénavant pour une alliance de centre-droit PDC-PLR-Vert'libéraux avec la volonté de faire liste commune avec Simon Brandt. Elle se dit en revanche opposée à une alliance élargie au MCG et à l'UDC. Elle juge que les électeurs ne comprendraient pas un tel rapprochement, alors qu'au niveau fédéral, le PDC combat l'initiative de l'UDC «Pour une immigration modérée».

L'UDC rebute le PDC

Le président du Parti cantonal Vincent Maitre est sur la même ligne. «Pour le second tour en Ville de Genève, je ne crois pas à l'alliance sacrée de la droite élargie. Nous ne sommes à peu près d'accord sur rien avec l'UDC et le MCG. Il faut faire des alliances avec les formations avec qui nous avons des atomes crochus.» Et c'est là que le bât blesse, puisque Simon Brandt, lui, est partisan d'une alliance large à droite, seul moyen selon lui d'être en mesure de conquérir deux sièges.

La Vert'libérale Susanne Amsler, forte d'un excellent score personnel (mais dont le parti n'a pas obtenu le quorum), explique enfin que son parti n'a pas encore arrêté sa stratégie. «Pour nous, il est très important de maintenir notre position comme celle d'un parti centriste. Or, aujourd'hui, à gauche comme à droite, les alliances ne sont pas du tout claires. Il est donc difficile de se positionner en l'état.» Une phrase qui ressemble à une manière polie de dire que les traditionnelles formations de droite devront choisir entre l'UDC et les Vert'libéraux.

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