Actualisé 30.11.2018 à 21:04

France

«Que je sois condamné ou non, ma vie est niquée»

Jugé en appel pour avoir logé des djihadistes des attentats du 13 novembre 2015, Jawad Bendaoud a explosé de colère face à l'avocate générale ce vendredi.

Jawad Bendaoud a explosé de colère en pleine audience et a dû être sorti de la salle par les gendarmes.

Jawad Bendaoud a explosé de colère en pleine audience et a dû être sorti de la salle par les gendarmes.

AFP

«Ils sont en train de me rendre fou»: Jawad Bendaoud a explosé de colère vendredi après-midi en pleine audience, alors qu'il était interrogé par l'avocate générale.

Dès le début de l'audience, les échanges ont été très vifs entre le prévenu, jugé devant la cour d'appel de Paris, et la représentante du ministère public, Naima Rudloff. «Vous faites tout pour que je craque et on voudrait que je sois Bouddha à la barre», a-t-il dit, alors que celle-ci enchaînait les questions.

Il a explosé de colère en milieu d'après-midi et a dû être sorti de la salle par des gendarmes. Il a tapé sur le pupitre à la barre. «Je ne suis pas un menteur», a-t-il crié.

«Parle doucement!», lui a lancé un membre du public qui a été expulsé de la salle sur ordre du président.

Jawad Bendaoud arrive au Palais de Justice

Jawad Bendaoud arrive au Palais de Justice de Paris pour son procès en appel. Après sa relaxe en première instance en février, il est rejugé pour avoir logé deux djihadistes du 13-Novembre.

«Que je sois condamné ou innocent, ma vie elle est niquée», a déclaré le prévenu, qui comparaît libre depuis le 21 novembre après avoir été relaxé en première instance en février. «Ils sont en train de me rendre fou», a crié Jawad Bendaoud, entouré de gendarmes.

«Moi, je suis un voyou»

Jawad Bendaoud est jugé pour «recel de malfaiteurs terroristes». Il ne cesse de répéter qu'il ne savait pas qu'il hébergeait des djihadistes du 13-Novembre, et en particulier, Abdelhamid Abaaoud, l'un des cerveaux présumés des attaques qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Naima Rudloff a attaqué son interrogatoire en l'interpellant sur sa famille, puis sur son rapport à la religion. «Qu'est-ce que ça veut dire djihad?», a-t-elle demandé. «Le vrai djihad, c'est pas celui du 13-Novembre», a répondu le prévenu.

Elle a expliqué que l'administration pénitentiaire n'avait jamais relevé de «signe extérieur de radicalisation» chez Jawad Bendaoud mais s'est empressée de parler de trois de ses fréquentations en prison, des hommes radicalisés. L'un d'eux était «un voyou avant d'être un terroriste», a-t-elle dit, laissant entendre que la frontière entre les deux est ténue.

«Moi, je suis un voyou. Je ne deviendrai jamais un terroriste», lui a répondu Jawad Bendaoud.

L'avocate générale l'a interrogé sur sa garde à vue de 6 jours, après son interpellation, le 18 novembre 2015. Il n'avait pas reconnu qu'il participait à un trafic de stupéfiants, ne voulant pas «balancer» son partenaire. «Vous arrivez à résister pendant 6 jours à des services spécialisés. (...) Vous avez une résistance assez rare», a-t-elle lancé. «Vous réécrivez l'histoire», a dit encore l'avocate générale.

Le président a mis en garde le prévenu, après son coup de colère: «M. Bendaoud, il n'y aura pas une troisième fois ce genre de choses. Après, la cour serait contrainte d'utiliser des voies beaucoup plus contraignantes». Jawad Bendaoud s'était déjà violemment énervé mercredi, au premier jour de son interrogatoire.

En fin d'audience, il a présenté ses excuses: «Comme plein de fois dans ma vie, je ne me suis pas contrôlé. (...) Je m'excuse pour mon attitude, mais faut se mettre à ma place». (nxp/afp)

(NewsXpress)

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