Actualisé 24.01.2018 à 21:33

Procès à Zurich

Que s'est-il passé dans les bois il y a vingt ans?

Un septuagénaire a comparu mardi devant la justice zurichoise. Une jeune femme l'accuse de l'avoir violée alors qu'elle n'avait que 7 ans. Le prévenu nie les faits et crie au complot.

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Le procès s'est déroulé mardi (23 janvier 2018) à Meilen (ZH).

Le procès s'est déroulé mardi (23 janvier 2018) à Meilen (ZH).

Keystone

Les juges du Tribunal de district de Meilen (ZH) traitent actuellement une affaire complexe. Un retraité de 70 ans se retrouve mêlé à une sombre affaire d'agression sexuelle, vieille de vingt ans. Le Ministère public l'accuse d'actes d'ordre sexuel sur un enfant, de contraintes sexuelles et de viol, écrit le «Tages-Anzeiger».

Le prévenu, qui nie les faits, est accusé d'avoir agressé il y a une vingtaine d'années une écolière de 7 ans, qui vivait dans le même voisinage que lui. Il l'aurait attirée dans les bois où il lui aurait fait subir des contraintes avant de la violer. Il aurait mis la main sur sa bouche pour étouffer ses cris. «A la fin de l'agression, il a ordonné à la victime de se nettoyer avec la neige au sol. La neige était tachée de sang», peut-on lire dans l'acte d'accusation.

Une dizaine d'agressions

Dans les douze mois qui ont suivi la première agression, l'accusé aurait abusé d'elle une dizaine d'autres fois. Il l'aurait emmenée dans la même forêt pour lui toucher les parties intimes et la forcer à tenir son sexe. Il aurait menacé de faire la même chose avec sa soeur si elle en parlait à quelqu'un.

Appelée à la barre, la victime présumée, bouleversée, n'a pas été en mesure d'expliquer ce qui s'est passé dans ces bois. La jeune femme a éclaté en sanglots. Elle a néanmoins confirmé les déclarations faites lors du dépôt de sa plainte, en été 2014. Lors de sa déposition, elle avait expliqué que des images de l'agression avaient commencé à surgir lors d'une thérapie. «D'abord, j'ai vu des images de la forêt. Puis d'autres souvenirs sont apparus. J'avais réussi à les refouler toutes ces années.»

Date du verdict inconnue

Or, quand le prévenu a été appelé à témoigner, il a livré une tout autre version des faits. Il a nié en bloc les accusations et a assuré qu'il s'agissait ici d'un acte de vengeance planifié par la tante de la victime présumée. Lui et la tante auraient entretenu une liaison extraconjugale pendant dix ans. Selon lui, elle n'a pas supporté le fait qu'il n'a jamais quitté son épouse pour elle. A tel point qu'elle a déposé une plainte contre lui pour contraintes et viol. Selon le retraité, ces accusations sont tout aussi fausses que celles auxquelles il est confronté actuellement. La plainte avait finalement été classée parce que les faits étaient prescrits depuis longtemps. Le prévenu soupçonne son ancienne amante de vouloir se venger de lui en se servant de sa nièce. Selon l'accusé, elle a profité de son «état psychique instable» pour la manipuler. «J'ai la conscience tranquille», a finalement conclu le prévenu.

Le tribunal prendra sa décision au cours des prochaines semaines, mais ignore encore quand le verdict sera rendu.

Imprescribilité lors de délits sexuels envers les enfants

Sur son site, la plateforme d'information humanrights.ch rappelle que les «crimes sexuels à l'encontre d'enfants âgés de moins de douze ans sont imprescriptibles». Le Conseil fédéral a en effet modifié le 1er janvier 2013 le code pénal, le code pénal militaire et le droit pénal des mineurs et a ainsi concrétisé les dispositions de l'article 123b de la Constitution fédérale, adopté par le peuple lors de la votation du 30 novembre 2008 sur l'imprescriptibilité.

Adoptée à 51.9% en 2008, l'initiative demandait la création d'un nouvel article constitutionnel stipulant «l'imprescriptibilité de l'action pénale et de la peine pour les auteurs d'actes d'ordre sexuel ou pornographique sur des enfants impubères».

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