Actualisé 09.08.2019 à 10:11

TéhéranQuel avenir pour cette ville fantôme inachevée?

Ni arbre, ni voiture, ni bus, ni parc, ni aire de jeu et pas une âme à l'horizon. Mehra Mer est une véritable ville fantôme.

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Sur cette photo, on peut admirer Mehra Mer, un projet de construction de ville à l'abandon.

Sur cette photo, on peut admirer Mehra Mer, un projet de construction de ville à l'abandon.

Kuzu Group
Elle se trouve en Iran et fait partie de 17 projets de ville.

Elle se trouve en Iran et fait partie de 17 projets de ville.

Screenshot Google Maps
Mehra Mer se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Téhéran, la capitale iranienne.

Mehra Mer se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Téhéran, la capitale iranienne.

Hansueli Krapf / CC BY-SA 3.0

On dirait qu'elles sont sorties de terre dans le désert. Elles, ce sont ces tours à une cinquantaine de kilomètres de Téhéran, la capitale iranienne. On n'y trouve ni arbre, ni voiture, ni bus, ni parc, ni aire de jeu et pas une âme à l'horizon. Mais que s'est-il passé?

Une phase de construction interminable

Cela fait maintenant de nombreuses années que le projet Mehra Mer est en phase de construction, bien plus longtemps qu'initialement prévu. Dès 2014, le journal «The Guardian» relatait le fait que le jadis prestigieux projet avait été avorté. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, rien n'a changé.

A l'origine, on devait y créer une ville avec toutes les commodités, à savoir un réseau de transports publics, des hôpitaux, des écoles et des parcs. Dans la partie construite, on trouve 20'000 logements, 48 écoles, huit salles de sport, 14 mosquées, cinq hôpitaux, sept centres culturels et un parc.

Mais ce n'est pas tout. D'après le descriptif du site internet de l'entrepreneur en bâtiment Kuzu, 37'000 nouveaux logements y seraient en construction depuis 2013. Ceux-ci ne sont pas visibles sur les photos actuelles.

Du travail bâclé

Mais où est le problème? Il se situe au niveau des travaux de construction bâclés et aux infrastructures extérieures. Dès la première phase de construction, on savait qu'une partie des bâtiments planifiés n'auraient pas accès à l'eau chaude, au chauffage et au système d'assainissement des eaux usées.

Mais ce n'est pas tout. L'Iran fait face à une inflation élevée et une économie en berne. Le projet a donc officiellement été arrêté. Interrogé par le magazine en ligne «MessyNessy», le photographe Manolo Espaliú, qui a réalisé un documentaire sur le projet Mehra Mer, s'est exprimé à ce sujet, ainsi que sur d'autres projets similaires.

«Ces dernières années, des dizaines de projets de ce genre ont été démarré. On y a investi des milliards pour construire 17 nouvelles villes avec 1,5 million de logements, l'objectif principal étant, ce qui est également le cas pour Mehra Mer, une meilleure répartition de la population. La qualité de vie dans les grandes villes comme Téhéran baisse en raison de problèmes de circulation, de pollution de l'air et d'augmentation du prix des loyers», apprend t-on.

Quelle est la prochaine étape?

Dans un premier temps, il ne se passera rien, ni pour Mehra Mer, ni pour les autres projets abandonnés. D'après Manolo Espaliú, il est toutefois plausible que les travaux de construction reprennent une fois que l'économie iranienne se sera redressée.

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