Conseil national: Quel privilège d'avoir pu exercer ce mandat
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Conseil nationalQuel privilège d'avoir pu exercer ce mandat

Le Fribourgeois Dominique de Buman n'est plus au perchoir du National. Il se souvient avec émotion notamment du départ de Jean Christophe Schwaab. Bilan.

par
Christine Talos
Dominique de Buman fait sonner la clochette pour ramener le calme

Dominique de Buman fait sonner la clochette pour ramener le calme

Keystone

Lundi, le conseiller national Dominique de Buman a passé le flambeau de la présidence de la Chambre du peuple à la Tessinoise Marina Carobbio. Le PDC fribourgois, qui ne se représentera pas au Parlement l'an prochain, se dit tout heureux de revenir au sein de ses camarades politiciens. Il tire un bilan positif de son année au perchoir. Interview.

20 minutes: Qu'est-ce qu'on éprouve quand on redescend du perchoir?

Dominique de Buman: il y a une émotion positive. On se rend compte du privilège d'exercer un tel mandat. Et comme l'année s'est bien déroulée, je ressens un sentiment de sérénité. A cela s'ajoute la joie de pouvoir transmettre ces responsabilités à une personne, Marina Carobbio, qui a aussi des valeurs, qui est connue dans le Parlement et qui va faire cela avec beaucoup de coeur.

Vous allez quitter le Palais fédéral dans une année. Pourquoi ne pas partir maintenant sur cet excellent souvenir de présidence?

Justement pas! Ces trois dernières années, j'étais un peu à l'écart, bloqué par mes fonctions de 2e, de 1er vice-président puis de président du National. J'avais moins de contacts avec la salle, avec les gens individuellement. En outre, en 2019, je vais devoir m'occuper du très gros dossier qu'est la promotion économique, qui comprend toute la politique du tourisme. Or, je suis président de la Fédération suisse du tourisme et des remontées mécaniques suisse. Comme il y a 4 et 8 ans, je vais donc m'occuper activement de ce dossier dans le cadre de la commission de l'économie. Je me réjouis donc de renouer avec mes collègues sous un autre angle.

Durant votre année, vous avez souvent joué de la clochette pour calmer les parlementaires!

Non! Mme Carobbio le fait encore plus que moi! C'est surtout dû à une très mauvaise acoustique de la salle. Il faut donc rendre attentifs les collègues que l'accumulation des décibels individuels donne un résultat désagréable pour les oreilles et peu respectueux pour les orateurs. Ça fait partie du job.

Il y a eu des mauvais souvenirs?

Il faut relativiser mais il est vrai qu'il a fallu combattre des tentatives venant de certains milieux d'affaiblir les institutions. Notamment autour de la composition de la délégation administrative et du bureau avec un souhait inavoué et inavouable de politiser ces organes. Il a fallu se battre contre des interventions menaçant des cadres des services du Parlement.

Et les moments forts? La lecture des lettres de démission de deux conseillers fédéraux?

Oui, c'était émouvant. Mais ce n'était pas le plus fort. Car on s'attendait à ce que Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard s'en aillent. Il y a en revanche une certaine solennité au moment où on doit lire leur lettres. Car elles condensent une sorte d'héritage et une volonté de transmission politique.

Alors quels étaient les moments les plus émouvants pour vous?

Ces moments forts étaient liés plutôt à des collègues. Je pense notamment au moment où Jean Christophe Schwaab (PS/VD) a quitté le Parlement pour s'occuper de son enfant. On a vu un homme qui mettait en oeuvre ses convictions et qui abandonnait provisoirement ses mandats alors que c'était un parlementaire doué. C'était une émotion positive d'exemplarité de quelqu'un qui part en met en pratique ses principes et qui veut être un modèle à suivre pour la société.

Vous avez aussi ressenti de la tristesse au départ d'Alexander Tschäppät?

Oui, l'ancien maire de Berne était malade et on voyait qu'il était très atteint dans sa santé. Mais il avait quand même du plaisir à venir exercer son mandat plutôt que fondre et s'éteindre chez lui. Il était là dans son idéalisme de politicien et c'était émouvant de le voir gentiment partir. Cela m'a touché. Car on a tous une sympathie les uns pour les autres, on est tous élus pour la même fonction. C'est aussi pour cela que cela fonctionne si bien, malgré les prises de bec parfois.

Cette année présidentielle, c'était le couronnement de votre carrière?

S'il y avait un déclin, je me suiciderais aujourd'hui! Chaque jour apporte son lot de surprises. Moi je suis très heureux durant cette session d'avoir fait mon travail et de retrouver mes dossiers et mes collègues. Ce matin, j'ai pu faire une intervention à la tribune sur les sports neige, un sujet qui me tient à coeur. Or, avant au perchoir, je ne pouvais pas m'occuper de mes centres d'intérêts. Et puis après il y aura des tas d'autres choses!

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