Actualisé 24.03.2015 à 16:25

Challenge League

«Quelqu'un qui les fracasse s'il faut les fracasser»

Alain Joseph est revenu sur la situation dans laquelle se trouve le LS et sur les raisons de l'engagement de Fabio Celestini. En toute franchise.

de
Grégory Beaud
Alain Joseph n'a pas sa langue dans la poche

Alain Joseph n'a pas sa langue dans la poche

Alain Joseph n'est pas du genre à manier la langue de bois. Lorsqu'il pense quelque chose, il le dit. Ce n'est pas plus compliqué que cela. Alors lorsqu'il décide de se séparer de Marco Simone - bien aidé par les joueurs -, il ne se cache pas derrière un discours ampoulé. Extraits.

Alain Joseph, pourquoi avoir pris cette décision de changer d'entraîneur?

- Il y a la réalité du terrain. Sept matches et un point, c'est trop peu. Et il y a également la réalité d'un vestiaire qui n'a pas pu être maîtrisé. Nous avons réfléchi à poursuivre avec Marco Simone, mais le modèle de fonctionnement n'allait plus. Ce club a besoin d'un ancrage local. De quelqu'un d'ici. Qui connaît la région. C'est pourquoi nous nous sommes tournés vers Fabio Celestini.

Vous parlez de vestiaire difficile à maîtriser. Il est où le problème?

- C'est avant tout un problème de direction de club. De ce fait, les premiers responsables, c'est Jean-François Collet et moi-même. Nous avons choisi ces joueurs, en accord avec Francesco Gabriele. Et le vestiaire s'est braqué contre lui. Au moment de nous séparer de Francesco Gabriele (ndlr: en octobre), il y avait un problème également avec le staff. Ils en ont bien profité ces... sales types.

Deux entraîneurs virés et ces sales types, comme vous dites, restent. Comment faire le ménage?

- Il faut être dur. Je connais mes points forts, mais aussi mes points faibles. C'est pourquoi j'ai choisi de m'entourer. Moi, je pardonne trop de choses. C'est un immense défaut dans le football. Aujourd'hui, j'ai envie de pouvoir compter sur quelqu'un qui les fracasse si il faut les fracasser. Qui les embrasse si il faut les embrasser. Désormais, il va falloir être dans les extrêmes avec eux.

Qui sont ces sales types?

- Vous savez, c'est toujours la même chose. Si vous en interrogez un, c'est forcément de la faute de son voisin. Je ne sais pas si j'aurais dû utiliser ce terme de «sales types». Mais ce sont de petits footballeurs. Des petites personnes qui n'ont pas réussi à assumer ce qu'ils ont fait. Je ne vais pas vous donner une liste de 1, 2, 3, 4 ou 10 noms qui ne sont pas ainsi. Tout le monde a participé à cette débâcle. Cristian Ianu (ndlr: parti à Lucerne) peut avoir la conscience tranquille. Thomas Castella, le gardien, a joué un premier tour de qualité. Pour le reste, ils sont tous coupables. Les blancs, les noirs, les Lausannois, les étrangers. Il n'y a aucune distinction à faire.

Au moment d'annoncer votre décision à l'équipe, avez-vous tapé du poing sur la table?

Non. Je n'y arrive pas. Face à eux, j'ai assumé cet échec. Mais je leur ai rappelé qu'ils étaient également responsables. J'ai essayé d'avoir un discours positif. Peut-être bien que de hurler est un modèle qui fonctionne. Mais ce n'est pas ma philosophie et cela ne l'a jamais été. Tant dans ma famille que dans le travail ou aujourd'hui dans le football.

Fabio Celestini est un entraîneur sans expérience. Commencer dans une telle situation, c'est un cadeau empoisonné...

- Oui, mais il n'a pas vu que c'était un cadeau empoisonné. Il est venu très naïvement (rires). Non, il voit très bien la situation dans laquelle se trouve le LS. C'est une décision très courageuse de sa part. Mais il y a une autre réalité. C'est un coach qui, actuellement, n'a pas de job. Alors même si Lausanne n'est pas en grande forme actuellement, c'est un privilège pour lui.

Lui avez-vous demandé de continuer de regarder vers le haut du classement pour cette fin de saison?

- Oh non. On ne voit plus la pointe. Même s'il essayait, il n'y arriverait pas. L'objectif No 1, c'est le maintien. Et ça me fait mal de le dire. Ensuite, il aura du temps pour se projeter de manière intelligente en vue de la saison prochaine.

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