Actualisé 25.11.2011 à 13:40

Ouvriers en grève

Quelque 4000 personnes dans les rues romandes

Les travailleurs du gros oeuvre ont protesté vendredi pour défendre une convention nationale de travail améliorée, refusée par le patronat.

Après avoir manifesté en masse à Berne fin septembre, les ouvriers ont une nouvelle fois battu le pavé vendredi à Genève, Lausanne, Zurich, et dans la ville fédérale. Ils ont défendu une convention nationale de travail (CN) améliorée, refusée par le patronat.

A Genève, près de 2000 ouvriers on traversé la ville à l'appel des syndicats Unia, Syna et Sit. A partir de la gare, les manifestants ont rapidement progressé avant de se rassembler au parc des Bastions.

A Lausanne, quelque 2000 salariés de la construction ont rallié la capitale vaudoise en matinée, avant de défiler durant l'après- midi. Le mouvement a touché plusieurs centaines de chantiers dans le canton de Vaud, a indiqué à l'ats Pietro Carobbio, responsable de la construction chez Unia Vaud.

A Zurich le travail a aussi cessé le matin sur plusieurs importants chantiers de la ville des bords de la Limmat, notamment ceux de la gare centrale et d'Oerlikon. Le mouvement a également concerné plusieurs autres gros projets immobiliers à Schlieren et Wallisellen.

Violation de la paix du travail

A midi, les ouvriers devaient se réunir sur le site de construction Richti à Wallisellen, en banlieue zurichoise, pour un repas commun avant une marche de protestation depuis la gare principale de Zurich pour se rendre au siège de l'association patronale de la branche, la Société suisse des entrepreneurs (SSE).

Cette dernière a estimé que les actions menées par le syndicats violent la paix du travail, prévue par l'actuelle convention nationale de travail. Interrogé par l'ats, son directeur, Daniel Lehmann, a accusé les représentants de syndicats d'avoir bloqué plusieurs chantiers dans la région zurichoise, à Bâle et en Suisse romande.

La SSE a vivement critiqué les actions menées sur les chantiers, celles-ci délivrant un mauvais signal et n'apportant aucune avancée aux discussions. Menaçant de s'adresser à la justice, M. Lehmann s'est aussi interrogé sur les raisons de cette journée d'action.

«Nous disposons d'une des meilleures convention collective de Suisse», a noté M. Lehmann. De plus, la SSE a jusque-là offert une augmentation salariale de 1,5% et une amélioration des conditions de travail, qui, s'il elle était convertie en salaire, représenterait une hausse de 0,75%.

Progrès à réaliser

M. Lehmann a aussi reconnu que les deux parties doivent réaliser des progrès dans le cadre des discussions, pas seulement les syndicats. La SSE a décidé de soumettre une nouvelle offre aux représentants des employés. Le directeur de l'association faîtière n'a pas souhaité s'exprimer sur le contenu de la proposition.

Pour l'heure toutefois, aucune date n'a été fixée en vue d'une nouvelle ronde de discussions. M. Lehmann a estimé qu'il n'était plus très réaliste de songer à l'aboutissement des négociations avant la fin de l'année, date à laquelle l'actuelle CN arrive à échéance. La SSE a rappelé son offre de prolonger le texte en vigueur.

Les ouvriers du bâtiment risquent de se retrouver sans convention collective le 1er janvier prochain. Pour mémoire, les négociations portant sur la nouvelle CN ont échoué le 2 novembre dernier, après neuf mois de discussions.

Les syndicats, qui demandaient notamment des améliorations en matière de protection contre le dumping salarial ainsi qu'en cas de maladie, d'accidents ou d'intempéries, ont accusé la SSE de s'être rétractée sur certains compromis. Des accusations que l'association patronale a réfutées.

Anticipant un échec des discussions, les syndicats avaient organisé à fin septembre une manifestation d'envergure à Berne qui avait réuni pas moins de 12'000 personnes. En 2008, alors que la branche se trouvait dans une situation identique, les travailleurs s'étaient lancés dans des grèves et avaient bloqué des chantiers.

Un succès, selon les syndicats

Le mouvement de protestation a été un succès, ont affirmé vendredi les syndicats Unia et Syna. Plus de 7000 ouvriers y ont pris part dans toute la Suisse, ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon le représentant du syndicat Unia à Genève, Alessandro Pelizzari, 4000 travailleurs ont pris part à la manifestation à Genève. Un chiffre non corroboré par la police qui a évoqué entre 1500 et 2000 manifestants.

Les syndicats ont affirmé que plus de 7000 travailleurs ont pris part au mouvement, paralysant plus de mille chantiers entre Zurich, Berne, Lausanne et Genève.

Ils ont réaffirmé leurs critiques à l'égard de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) qui a rompu les négociations sur une nouvelle convention le 2 novembre. Le secteur se porte bien économiquement, ont-ils argué.

Ils souhaitent que les acquis des discussions avec le patronat, comme une meilleure protection contre les intempéries et les maladies, soient préservés. Les syndicats craignent que le vide conventionnel, à partir du 1er janvier, favorise le dumping salarial.

Ambiance à Lausanne

(ats)

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