France: Quelque 6000 «gilets jaunes» bravent la chaleur
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FranceQuelque 6000 «gilets jaunes» bravent la chaleur

Sous un soleil de plomb, la mobilisation des gilets jaunes a atteint son plus bas niveau samedi lors de l'acte 33 du mouvement.

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Plusieurs centaines de «gilets jaunes» ont défilé samedi dans plusieurs villes de France, alors que le mouvement fêtera bientôt une année d'existence. (Samedi 2 novembre 2019)

Plusieurs centaines de «gilets jaunes» ont défilé samedi dans plusieurs villes de France, alors que le mouvement fêtera bientôt une année d'existence. (Samedi 2 novembre 2019)

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Près de six mille «gilets jaunes», selon le ministère de l'Intérieur, ont défilé en France samedi lors de l'acte 33, qui marque un nouveau recul de la mobilisation. (Samedi 29 juin 2019)

Près de six mille «gilets jaunes», selon le ministère de l'Intérieur, ont défilé en France samedi lors de l'acte 33, qui marque un nouveau recul de la mobilisation. (Samedi 29 juin 2019)

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Réunis ce week-end en Saône-et-Loire, quelque 600 «gilets jaunes» de toute la France se retrouvaient pour évoquer la suite du mouvement avant les vacances d'été. (Samedi 29 juin 2019)

Réunis ce week-end en Saône-et-Loire, quelque 600 «gilets jaunes» de toute la France se retrouvaient pour évoquer la suite du mouvement avant les vacances d'été. (Samedi 29 juin 2019)

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Près de six mille «gilets jaunes», selon le ministère de l'Intérieur, ont bravé la chaleur samedi en France. Ils ont défilé pour leur 33e samedi de manifestation, qui marque un nouveau recul de la mobilisation.

Ne «rien lâcher»

Ils étaient 5769 au total à manifester en France, selon l'Intérieur, soit presque moitié moins que la semaine dernière (11'800 manifestants dénombrés). C'est aussi la plus faible mobilisation observée depuis le début du mouvement. La page Facebook du «Nombre jaune» a de son côté décompté 10'224 manifestants.

A Paris, 1300 personnes ont manifesté dans l'après-midi, selon le ministère de l'Intérieur (contre 1100 la semaine précédente). La manifestation a pris un tour festif avec sous-marin jaune en guise de char et artistes donnant de la voix, a constaté l'AFP. Quelques manifestants se revendiquant «gilets jaunes» et «queer» ont également rejoint le défilé, en cette journée de marche des Fiertés.

A Paris, la manifestation avait pour thème la dénonciation des violences policières. Juché sur le char sous-marin, Alain, 54 ans, ex-militaire, a arraché ses médailles qui n'ont pour lui «plus aucune valeur».

Blessé à la gorge le 1er décembre par un tir de LBD, «à 2 millimètres de la carotide», comme en témoigne la cicatrice qu'il montre, il a fait «neuf heures de voiture» depuis le Haut-Jura pour venir manifester samedi et ne veut «rien lâcher», raconte-t-il à l'AFP.

Dans le calme

La manifestation s'est déroulée dans le calme, les manifestants se ravitaillant en eau dans les supérettes, et pour quelques uns se rafraîchissant avec des pistolets à eau. A Lille, environ 500 «gilets jaunes» ont manifesté, a constaté une journaliste de l'AFP. «On sera d'attaque pour la rentrée», prédit Christine, retraitée, et «obligée de travailler pour compléter» sa pension.

Selon l'un des organisateurs, cinq manifestants ont été interpellés et placés en garde à vue, dont l'un des leaders lillois du mouvement Alexandre Chantry, déjà interpellé par le passé. Il y a eu des dégradations matérielles, feu de poubelles et vitrines brisées. Au moins une manifestante a été blessée.

Interdiction à Reims

A Reims, où le préfet de la Marne avait interdit de manifester, il n'y a pas eu de défilé. Selon une source policière, 18 personnes ont été interpellées, dont 9 placées en garde à vue.

A Rennes, selon la préfecture, quelques centaines de «gilets jaunes» ont manifesté. La ville a connu quelques affrontements et des «gilets jaunes» ont tenté de pénétrer dans le centre, interdit de manifestation par la préfète. Il y a eu trois interpellations pour des jets de projectiles ou des outrages.

A Bordeaux, moins de 200 personnes ont manifesté, selon la police, sous un soleil de plomb dans le centre historique de la ville. A Toulouse, ils étaient entre 100 et 200 à manifester et vu les presque 40 degrés, beaucoup n'avaient pas revêtu leur gilet. Ils étaient une centaine à Montpellier.

Par ailleurs, quelque 600 «gilets jaunes» de toute la France se retrouvent pour le week-end à Montceau-les-Mines pour leur troisième «Assemblée des assemblées» qui devait se pencher sur les suites à donner au mouvement. (nxp/afp)

Les «gilets jaunes» se réunissent avant les vacances

Moins de monde dans les rues mais un noyau d'irréductibles: réunis samedi et dimanche en Saône-et-Loire, quelque 600 «gilets jaunes» de toute la France se retrouvaient pour évoquer la suite du mouvement avant les vacances d'été.

«En personnes actives, il nous reste à peu près 10% de ceux qui étaient là au début du mouvement», estime Eric Morin, 37 ans, venu d'Auriol (Bouches-du-Rhône) pour cette troisième «Assemblée des assemblées» des «gilets jaunes» dans l'ancienne cité minière de Montceau-les-Mines. «Les gens qui sont toujours là sont ceux qui vont rester jusqu'à la fin.»

Comme d'autres, cet ancien gestionnaire immobilier aujourd'hui au chômage anticipe une mobilisation moindre pendant l'été, parce qu'il y a «les vacances, les familles» mais «les gens vont redescendre dans la rue» à la rentrée, assure-t-il, tablant sur «les mouvements sociaux de septembre.»

Ateliers

Après Commercy en janvier et Saint-Nazaire en avril, la troisième «assemblée des assemblées» a lieu dans un gymnase en périphérie de cette petite ville de Saône-et-Loire. Certains groupes de travail ont lieu à l'intérieur, d'autres à l'extérieur sous des grandes tentes plantées pour se protéger d'un soleil de plomb.

Les ateliers sont composés d'une vingtaine de personnes assises en cercle où la démocratie directe a cours, notamment pour autoriser ou non la présence des journalistes - tout dépend souvent du média qui le demande. Les personnes ne souhaitant pas être filmées sont reconnaissables à leur gommette rouge.

Si personne ne conteste le déclin de la mobilisation dans les manifestations du samedi, attribué par beaucoup à la «répression policière», ils espèrent donner un nouveau souffle au mouvement. «Les gens attendent la suite», affirme Sylvia Fischbach, 35 ans, hôtesse de caisse administrative à Forbach (Moselle).

«Manifester tous les samedis, marcher, chanter, j'aime bien. Mais on avait une vie avant le 17 (novembre 2018), on aimerait bien avoir une vie après aussi», poursuit-elle. La prochaine étape pourrait être, selon elle, «d'investir les mairies et les municipales».

(NewsXpress)

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