Guerre en Ukraine – Quels seront les effets du conflit sur la défense suisse?
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Guerre en UkraineQuels seront les effets du conflit sur la défense suisse?

Dans la presse alémanique, Viola Amherd et un professeur émérite de stratégie militent pour un renforcement de l’armée.

Vol au-dessus des Alpes bernoises de deux avions F/A-18. Image d’illustration. 

Vol au-dessus des Alpes bernoises de deux avions F/A-18. Image d’illustration. 

LM/JEAN-PAUL GUINNARD

La Suisse est-elle menacée si le conflit entre la Russie et l’Ukraine devait (encore plus) s’envenimer? Cette affreuse question est sur bien des lèvres, dont celles de la presse dominicale suisse alémanique.

La «NZZ am Sonntag» ne l’a pas posée à n’importe qui: la ministre de la Défense Viola Amherd. La Valaisanne répond sans détour. «Le danger s’est rapproché» au voisinage élargi de la Suisse, ce qui «montre que nous aurons besoin, à l’avenir également, d’une armée bien équipée pour protéger la population». Elle entend poursuivre la modernisation de celle-ci, dans le domaine de la cybersécurité notamment.

Elle se veut toutefois rassurante: «En raison de la distance géographique qui nous sépare de l’Ukraine, une attaque armée directe contre la Suisse est peu probable». Selon la conseillère fédérale, le fait d’être entouré géographiquement de membres de l’OTAN agit «dans une certaine mesure» comme un cocon protecteur.

Mais il ne faudrait pas compter sur une aide automatique en cas d’attaque. La Suisse ne faisant pas partie de l’alliance, elle devrait demander assistance. «Nous serions éventuellement tributaires de la solidarité», dit la ministre. «En tant que pays neutre, nous devons assurer nous-mêmes notre sécurité.» Parmi les garants de cette neutralité, les forces aériennes.

«Pas en mesure de nous défendre»

Celles-ci sont insuffisantes, estime Albert Stahel, professeur émérite de stratégie militaire à l’Université de Zurich, interviewé par la «SonntagsZeitung». «Même avec les 36 avions de combat prévus, nous ne sommes pas en mesure de nous défendre». Et il n’y a pas que l’armée de l’air qui tirerait grise mine. «Nos troupes terrestres sont de fait éliminées. Nous devrions nous rééquiper rapidement. Depuis 1989, tous les chefs du DDPS ont réduit l’armée de manière si dramatique qu’elle ne vaut rien aujourd’hui. C’est indigne d’un État indépendant.»

Le message est clair. Pourtant, quand on lui demande si le danger de se faire attaquer est bien réel, Albert Stahel répond par la négative. Mais, selon l’universitaire, l’OTAN et l’Europe vont devoir se réarmer face à la menace du «dictateur mégalomane Poutine». La Suisse ne pourra pas rester un «parasite» qui ne contribue pas à la sécurité du continent tout en «thésaurisant les milliards des oligarques russes». Ainsi, selon le stratège, la question de l’adhésion à l’OTAN finira tôt ou tard par se poser en Suisse.

Des armes suisses engagées dans le conflit?

(ami)

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