sexualité: Quels sont les mythes et vérités qui entourent l’orgasme féminin?
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sexualitéQuels sont les mythes et vérités qui entourent l’orgasme féminin?

À l’occasion de la Journée mondiale de l’orgasme, on s’est intéressé à la sexualité des Suissesses. À l’image de l’année, il semblerait que 2020 ait été moins riche en plaisirs.

par
Margaux Habert

L’orgasme féminin dépend-il du fameux point G? Y a-t-il une position magique qui fait jouir les femmes à tous les coups? Simuler est-il forcément mauvais? En prévision de la Journée mondiale de l’orgasme, qui est célébrée ce lundi 21 décembre, le portail de casual dating TheCasualLounge a interrogé ses utilisatrices et a demandé son avis à la sexothérapeute zurichoise Dania Schiftan, tandis que la plateforme Gleeden s’est penchée sur leur sexualité en 2020. L’occasion de faire le point sur certaines idées reçues qui entourent la sexualité chez les femmes et de revenir sur leur vie sexuelle durant cette année particulière.

Une position magique

Selon les résultats de l’étude, il y a bien une position qui ferait jouir les femmes. Mais chacune a la sienne! Elles sont près de 60% à déclarer avoir «une seule position» pour les amener à l’orgasme. Ce sont celles du missionnaire ou de l’Andromaque, quand la femme est à cheval sur l’autre, qui sont les plus efficaces.

Une théorie que confirme la sexothérapeute. «Les femmes qui préfèrent la stimulation du clitoris et de la vulve atteignent plus facilement l’orgasme dans la position de l’Andromaque et du missionnaire car leur clitoris frotte le pubis du partenaire.» D’autres assurent préférer une position sur le côté, à 15%, et 18% par-derrière, en levrette par exemple.

Les femmes simulent

89% des utilisatrices de la plateforme répondent avoir déjà simulé un orgasme. Près de 22% d’entre elles le font régulièrement. Mais ça n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, selon la sexologue. «Un orgasme simulé peut tout à fait être très instructif: on s’imagine l’orgasme, on se laisse emporter et, qui sait, peut-être que l’orgasme peut finalement arriver. Fake it until you make it.» Elle précise toutefois que l’essentiel, c’est de ne pas simuler pour faire plaisir à l’autre.

L’orgasme dépend du point G

Elles sont plus de la moitié des femmes sondées à déclarer que l’orgasme est plutôt lié à la stimulation du clitoris et un quart à privilégier l’orgasme vaginal.

«Le clitoris est plus grand que ce que nous pensons communément. Il est comme un papillon qui fait le tour de l’entrée du vagin. Lorsque la paroi du vagin est stimulée, le clitoris l’est donc également», souligne Dania Schiftan.

Un bon rapport passe par un orgasme

Un tiers dit avoir un orgasme à chaque fois, mais les femmes interrogées sont 63% à assurer apprécier le rapport même sans. Et il ne faut pas négliger l’orgasme du plaisir solitaire.

Selon la sexothérapeute, l’orgasme s’apprend. «La plupart des femmes n’ont appris qu’une sorte de masturbation. Bien souvent, celle-ci n’inclut pas le vagin mais uniquement sa partie extérieure: la vulve. Les nerfs à l’intérieur du vagin ne sont alors pas stimulés. Les femmes qui, petit à petit, commencent à stimuler la partie interne de leur vagin à l’aide de leur doigt ou d’un accessoire s’ouvrent à de tout nouveaux horizons.»

De longs préliminaires sont nécessaires

La majorité des femmes interrogées jouissent en moyenne au bout d’une vingtaine de minutes. Elles sont 10% à atteindre l’orgasme après 5 à 10 minutes, et 10% également à avoir besoin de 40 minutes.

«Les femmes ont besoin de plus de temps que les hommes pour être excitées», déclare la sexologue. Et de rappeler qu’elles peuvent jouir de nombreuses manières, certaines même uniquement par la pensée. «Mais le moyen le plus rapide reste le pouvoir de l’habitude, à savoir la façon dont on se donne le plus souvent du plaisir.» Celles qui n’aiment pas particulièrement changer leurs habitudes sont tout de même invitées à innover de temps en temps, seules ou à deux. «Les vibromasseurs, par exemple, sont une technique possible. Les nerfs réagissent et «apprennent» vite au contact de vibromasseurs puissants. Mais pour une vie sexuelle épanouie, je trouve que le plus important est la diversité.»

Une année moins excitante

Les douze derniers mois n’auront pas été les plus jouissifs! Selon Gleeden, un site de rencontres extraconjugales qui s’est intéressé à la sexualité des femmes en 2020, l’année aura tout simplement été la pire. Ce sont 12500 utilisatrices qui ont répondu à ce sondage, et elles sont 81% à estimer avoir moins joui cette année qu’en 2019.

Les raisons invoquées sont une envie de faire l’amour avec leur partenaire diminuée (61%) mais aussi une baisse de libido, qui a entraîné une chute de la masturbation (58%). La charge mentale supplémentaire, liée aux tâches ménagères ou aux enfants, en est la cause principale.

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