Actualisé 22.11.2014 à 12:20

Tennis- Coupe Davis

Quels visages la Suisse donnera-t-elle au double?

Samedi, en finale de Coupe Davis, Français et Suisses en découdront dans un exercice qui ne sourit pas souvent aux derniers. Dans quel alignement?

de
Oliver Dufour, Lille
Les fans suisses retiennent leur souffle en attendant de connaître les deux noms qui composeront la paire de double en finale.

Les fans suisses retiennent leur souffle en attendant de connaître les deux noms qui composeront la paire de double en finale.

Les discussions ont dû être longues dans le camp helvétique, vendredi soir, au sortir d'une première journée de simples qui a vu les deux finalistes repartir dos à dos, avec une victoire chacun. Capitaine de l'équipe, Severin Lüthi expliquait qu'il étudierait toutes les options. «Nous allons discuter, peut-être deux ou trois heures ensemble avec les joueurs. Bien sûr, j'espère pouvoir prendre une décision rapide. Mais je dois avoir tous les faits en mains pour pouvoir analyser. Et il faut toujours être prêt à un changement de dernière minute, à cause d'une maladie ou quelque chose comme ça», a prévenu le Bernois.

Pour ce double qui pourrait peser si lourd sur la balance de cette rencontre, «Seve» sera-t-il tenté d'aligner ses deux meilleurs éléments individuels, Roger Federer et Stan Wawrinka? «Je suis quasiment certain que ça sera le cas, prétendait Arnaud Clément, capitaine français, vendredi en soirée. Mais je peux me tromper.» Autre ancien joueur tricolore, spécialiste du double et vainqueur de la Coupe Davis en 1991 et 2001, Fabrice Santoro prédisait la même chose, voici une semaine à Londres, en marge du Masters. «Je pense que Roger et Stan s'aligneront ensemble dans tous les cas, sauf s'il y a 2-0 pour la Suisse le vendredi. Ou que ces simples se prolongent en cinq sets.» A ce moment-là, la blessure de Federer n'était toutefois pas encore un sujet de discussion.

Tant Federer que Wawrinka ont assuré, après leurs matches respectifs vendredi, qu'ils étaient prêts à jouer tous les jours si leur capitaine faisait appel à eux. La seule fois que la paire «Fedrinka» s'est alignée cette année en Coupe Davis, elle s'est cependant inclinée face à la modeste équipe du Kazakhstan. Face à une équipe tricolore qui peut potentiellement aligner trois paires de niveau mondial (lire encadré), la prestation offerte en avril dernier par les médaillés d'or de Pékin en 2008 ne suffira sans doute pas. «Le double suisse sera plus fort sur terre battue», avait néanmoins parié Santoro. Son ex-partenaire en équipe de France, Sébastien Grosjean, rappelait pour sa part que «pour la République tchèque, qui est double tenante de la Coupe Davis, Tomas Berdych et Radek Stepanek ont gagné à eux deux.» Associés en double, ces deux joueurs ont toutefois connu un succès plus régulier que les Suisses.

Avec les conseils de Macpherson et Paes

Dans une course contre la montre pour gommer son retard – du moins sur le papier – par rapport à son adversaire en finale, l'équipe helvétique s'est récemment attaché les services de David Macpherson, coach des frères américains Bob et Mike Bryan, Nos 1 mondiaux du double avec un palmarès long comme le bras. «Nous avons bien discuté et il m'a convaincu à Londres, a expliqué Lüthi à propos de l'ex-joueur australien. C'est pour ça que je lui ai demandé de venir. C'est toujours utile d'avoir une opinion de l'extérieur, de la part de quelqu'un qui a fait ça durant de longues années. Ca ne peut qu'aider.»

«Cette semaine, je ne me suis pas beaucoup entrainé avec le coach, nous avons plutôt discuté, a pour sa part relevé Stan Wawrinka. C'est important pour moi de comprendre comment il voit le double et comment il se prépare. Il y a des schémas très précis à mettre en place. Depuis qu'il est là, tout le monde est positif. C'est intéressant d'avoir un avis supplémentaire.» Trois semaines plus tôt, le Vaudois s'était aussi aligné en double au tournoi de Paris-Bercy, avec une autre légende de la spécialité, l'Indien Leander Paes. «C'était très intéressant de jouer avec Paes et de parler du double avec lui. Il a joué les doubles pendant des années, il a l'habitude», s'est contenté d'ajouter le No 4 mondial.

Dans les jours qui ont précédé cette finale de Coupe Davis, le travail de Macpherson sur le court s'est toutefois intensifié avec Marco Chiudinelli et Michael Lammer, 3e et 4e membres de l'équipe de Suisse. Le Bâlois, surtout, a été vu recevant une préparation toute particulière. Il a déjà assuré qu'il sera prêt à bondir si son capitaine fait appel à ses services. Est-ce que ça sera le cas? Réponse samedi, à 14h30 au plus tard. Le match est à suivre dès 15h30 sur notre site.

Et chez les Bleus?

La France, pour sa part, a «un problème de riche», comme le dit joliment Cédric Pioline, ancien joueur de la formation tricolore. Elle peut aligner trois paires très compétitives. Jeudi, lors du tirage au sort, c'est le duo composé de Julien Benneteau et de Richard Gasquet qui avait été annoncé. Mais Benneteau pourrait aussi s'associer à Jo-Wilfried Tsonga. Ou ce dernier pourrait former avec Gasquet la paire qui avait dominé en septembre dernier les tenants du titre tchèques, Berdych et Stepanek. Tout est donc ouvert. Et Gaël Monfils, qui a triomphé vendredi de Roger Federer en simple, dans tout ça? «Je ne crois pas que je jouerai le double, a répondu «La Monf». On doit d'abord parler avec le capitaine, mais je ne crois pas vraiment que j'ai une chance. Mais on ne sait jamais. On ne sait jamais...», a-t-il souri.

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