Football: Qu’est-ce que vous n’aimez pas dans le football?
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FootballQu’est-ce que vous n’aimez pas dans le football?

L’Observatoire du football du Centre international d’études du sport de l’Université de Neuchâtel a donné cette fois la parole aux fans, leur demandant ce qu’ils aiment et ce qui les dérange dans le football.

par
Thibaud Oberli
La star du PSG Neymar est souvent décriée pour ses simulations. Mais il faut aussi souligner qu’il est un des joueurs qui subit le plus de fautes.

La star du PSG Neymar est souvent décriée pour ses simulations. Mais il faut aussi souligner qu’il est un des joueurs qui subit le plus de fautes.

AFP

Comme toute chose «mainstream», le football a ses détracteurs. Certains aspects négatifs ont tendance à être souvent rabâchés par ceux qui n’aiment pas le sport le plus populaire. Référence dans l’analyse du jeu et des performances, l’Observatoire du football du centre international d’études du sport de l’Université de Neuchâtel a décidé de questionner cette fois les avis des amateurs de football, sur 36 aspects de la discipline.

L’échantillon est composé de 2’061 individus, dont seulement 5% des répondants sont des femmes. La moitié d’entre eux a complété le questionnaire en anglais, l’autre moitié en français. Un peu plus de 90% se dit avoir un fort intérêt pour ce sport, et le reste un intérêt moyen.

Jeu et matches

Les footballeurs sont souvent fustigés pour leurs réactions contre les arbitres, leur perte de temps sur le terrain, ainsi que par rapport aux simulations. Ces trois questions obtiennent toutes un score allant de 75% à 80% de réponses positives. «Ces réponses indiquent que réclamations, simulations et pertes de temps irritent un grand nombre de passionnés du jeu» indique le rapport. Par contre, près de la moitié de répondants ne considère pas qu’il y a trop de fautes dans ce sport (46%).

Pour les observateurs, les inégalités sportives sont importantes. Près de 80% d’entre eux estiment que les championnats ne sont pas assez équilibrés et qu’il n’y a pas assez de clubs qui ont des chances de remporter le trophée (78%). Même constat pour les coupes internationales (63%). Finalement, ce sont les compétitions nationales qui semblent le plus équitables pour les répondants (36%).

Encore au niveau du jeu, près des trois quarts des répondants semblent sensibles à la fatigue des joueurs, qu’ils estiment trop importante. Souvent cible des critiques, la VAR et les arbitres interviendraient trop souvent pour un peu plus de la moitié de l’échantillon. Seuls 35% pensent que ce sport ne délivre pas assez de buts.

Concernant le calendrier, les réponses obtenues font écho à la position de beaucoup de clubs. Près de 60% des répondants considèrent que trop de matches sont joués, notamment les duels entre sélections nationales (61%). Concernant les coupes internationales, 45% pensent qu’elles comptent trop de parties. Un tiers des répondants le pense aussi pour les championnats.

Finances

Ce sont souvent les stars qui se font reprocher leurs énormes revenus, mais près de 9 répondants sur 10 pointent plutôt du doigt les agents. Ce sont ensuite les grands clubs, qui sont considérés comme gagnant trop d’argent (69%), avant les grands joueurs (65%). Finalement un répondant sur deux pense que les dirigeants aussi sont trop grassement rémunérés.

Après la dénonciation des agents, le système de transfert est aussi décrié. 88% de l’échantillon pense qu’il n’y a pas assez de transparence autour des transferts, et 84% que les montants sont exagérés. 80% pensent qu’il n’y a pas assez de joueurs locaux dans les clubs et 66% qu’il y a trop de transferts.

Dérives et discriminations

Le geste de Colin Kaepernick, en posant un genou à terre, fait partie du combat mené contre le racisme. Du côté des spectateurs, 68% des répondants considèrent qu’il y a trop de racisme dans cette discipline. Presque autant de personnes considèrent qu’il y a trop d’homophobie dans le football, un sujet qui est encore largement tabou dans le monde professionnel. Des problématiques restent un peu plus cachées: seuls un tiers des répondants considèrent qu’il y a trop de dopage et trop de matches truqués.

Concernant le genre, huit répondants sur 10 soutiennent qu’il devrait y avoir plus de femmes à des postes de pouvoir. 67% estiment que les matches féminins devraient être plus diffusés et 65% que les joueurs devraient gagner plus d’argent. Ils sont 60% à penser qu’il y a trop de sexisme dans le football.

Le sport du peuple n’échappe pas à la hausse des prix pour la diffusion, notamment concernant les droits TV. Cela implique que neuf répondants sur dix considèrent les abonnements de télévision trop chers. Près de 82% pensent la même chose pour les billets d’entrée dans les stades. Un peu plus de la moitié des répondants pensent qu’il y a trop de place VIP, et que les matches sont joués à des horaires inadaptés.

Quelles solutions?

Les experts soulignent que les points qui ont le plus fait consensus concernent les agents et les transferts. Pour les premiers les scientifiques soulignent que «de ce point de vue, même s’il est fortement combattu par certains agents dominants, le plafonnement des commissions décidé par la FIFA se justifie pleinement aux yeux des fans».

Concernant l’opacité des transferts, une piste pourrait venir changer cette situation: «L’obligation de communiquer les détails financiers des transactions des joueurs – à l’instar de ce que font déjà les clubs côtés en bourse — pourrait être une action allant dans ce sens».

Mais ces deux aspects que ceux qui sont les plus décriés. Pour les auteurs de l’étude, ce constat peut donner des pistes de changements pour faire évoluer la discipline vers quelque chose qui correspond plus ceux qui la suive. «Sur bien d’autres aspects, par contre, de nombreuses réformes et actions devraient être entreprises afin de retenir l’adhésion des fans, améliorer l’image du jeu et stimuler les effets positifs du football sur la société» estiment les experts de l’Observatoire du football.

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