Actualisé 19.10.2009 à 18:00

France Télécom

Questionnaire aux salariés sur le stress au travail

Les quelque 100 000 salariés du groupe France Télécom, endeuillé par une vague de suicides qui ont mis en évidence un profond malaise au sein de l'entreprise, ont reçu lundi un questionnaire sur le «stress au travail».

Ce questionnaire, contenant «un peu plus de 160 questions», a été envoyé dimanche soir aux 102 000 salariés du groupe en France, qui disposent de quatre semaines pour y répondre, par internet ou sur papier, selon le cabinet Technologia, sélectionné pour réaliser le questionnaire.

«Vous arrive-t-il ou vous est-il arrivé au cours des 12 derniers mois de vous sentir très fatigué(e) ou stressé(e) par votre travail?», est-il notamment demandé aux salariés du groupe dans cette enquête.

Avez-vous «l'impression de travailler pour satisfaire les critères d'évaluation de la hiérarchie, et non pour répondre aux exigences du métier», ou de ne «pas effectuer correctement votre travail parce que les exigences demandées sont trop fortes», est-il également demandé.

Situation psychologique

Dans la rubrique «situation psychologique liée au travail», il est aussi demandé aux salariés si «au cours des 7 derniers jours», ils se sont sentis «désespérés», «sous pression», ou encore s'ils ont «pleuré facilement».

Les employés du premier fournisseur d'accès à internet et troisième opérateur mobile européen sont interrogés notamment sur leur charge de travail, leur autonomie, le soutien de leurs collègues et responsables, la reconnaissance de leur travail, ou encore la mobilité au sein de l'entreprise.

«L'anonymat et la confidentialité sont absolument respectées», a assuré la direction, précisant que les réponses étaient directement traitées par le cabinet Technologia.

«Si on a au moins un salarié sur deux qui répond, on aura un point d'appui considérable pour faire bouger les choses», a expliqué le directeur du cabinet, Jean-Claude Delgennes, précisant qu'il n'y aura «pas de résultats avant le 30 novembre».

Pressions insupportables

Ce cabinet a indiqué à la mi-journée avoir reçu déjà 5000 réponses, affirmant que les salariés du groupe étaient «au rendez- vous».

Une vague de suicides de salariés mis sur la sellette les méthodes du géant des télécoms pour adapter un ancien monopole public, encore composé de 65% de fonctionnaires, au nouveau monde ultra-concurrentiel de la téléphonie et de l'internet.

Un nouveau suicide est survenu jeudi dernier au sein du groupe, portant à 25 le nombre de cas en 19 mois.

Les témoignages font état de contrôles très serrés du personnel, notamment des temps de pause, de pressions insupportables pour gagner en productivité, de déshumanisation des relations au sein de l'entreprise, mais aussi de «mobilité forcée» au sein du groupe.

Soumis à une pression de plus en plus forte, la direction du groupe a lancé des discussions avec les syndicats sur le stress au travail.

(ats)

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