Genève: Qui doit payer les P+R?
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GenèveQui doit payer les P+R?

Un référendum combat le projet de l'Etat de financer cinq parkings relais en France. Réponse le 18 mai.

par
Marine Guillain
L'espace de stationnement de Frontenex était rempli à 97%, en avril 2014.

L'espace de stationnement de Frontenex était rempli à 97%, en avril 2014.

Dimanche, les Genevois devront décider s'ils acceptent ou non de débloquer 3 millions de francs pour la construction de cinq parkings relais (P+R) en France voisine. Cette somme couvrira la moitié des frais, les autorités françaises mettant le reste. Lancé par le Conseil d'Etat, le projet a été contré par un référendum du MCG. Le financement pose problème: «On fait beaucoup d'efforts pour la région transfrontalière, mais c'est à sens unique, clame son président, Roger Golay. La France ne paie rien pour nous.» Pour le parti, soutenu par l'UDC, chaque pays doit être maître de ce qui se passe sur son territoire.

A l'inverse, les Verts estiment qu'il faut travailler main dans la main avec les partenaires de l'autre côté de la frontière. «Ce projet est un bel exemple de coopération pour l'agglomération du Grand Genève», martèle la présidente des écologistes, Lisa Mazzone. Antoine Vielliard abonde. Le maire de Saint-Julien (F) rappelle que deux tiers de l'impôt à la source des frontaliers vont dans les caisses genevoises. Il juge qu'en finançant plus de 50% des P+R, la France fait largement sa part.

Pour les défenseurs du projet, les Genevois ont tout à y gagner: une circulation moins dense et un territoire préservé. La construction d'une place de stationnement coûte en outre cinq à dix fois moins cher en France qu'à Genève. «On ne perd pas 3 millions, on en gagne 5», soutient le conseiller d'Etat Luc Barthassat. Les partisans sont conscients que 831 places pour 550 000 déplacements quotidiens aux frontières, c'est peu. Mais c'est une pièce du puzzle qui améliorera le trafic transfrontalier. Le CEVA et le développement des lignes de tram en sont d'autres.

Frais partagés entre la France et la Suisse

Le projet de l’Etat ouvre un crédit de 3,1 millions sur deux ans pour financer la construction de cinq parcs relais à Saint-Julien, Veigy, Valleiry et Annemasse (deux sites). Il entre dans le cadre d’un fonds de 300 millions de francs sur dix ans, destiné à cofinancer des infrastructures sur sol français. Cette subvention couvrira 46,7% des frais de construction. Le reste sera à la charge de la France, qui financera les frais de fonctionnement.

Le choix des lieux est primordial

Les P+R sont prévus à des endroits stratégiques pour absorber le flux frontalier. «Il faut prendre les pendulaires au plus proche de leur domicile», explique Vincent Kaufmann, expert en mobilité à l’EPFL. Les sites les mieux situés et les mieux desservis par les TPG ont des taux d’occupation records, selon la Fondation des parkings: 100% au CERN, 117% à Moillesulaz, notamment.

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