31.07.2020 à 14:08

Suisse

Qui est Marco Chiesa, le possible successeur de Rösti?

Après que la commission de sélection l’eut sélectionné jeudi pour être le candidat officiel à la présidence de l’UDC, portrait de ce politicien tessinois de 45 ans.

Marco Chiesa.

Marco Chiesa.

KEYSTONE

Dur sur le fond, modéré dans le style, ou Blochérien souriant: le politologue tessinois Oscar Mazzoleni décrit ainsi le favori à la présidence de l’UDC, le conseiller aux Etats Marco Chiesa.

S’il est élu à la présidence lors de l’Assemblée des délégués du parti le 22 août prochain, le Tessinois de 45 ans sera le premier Latin à ce poste. Il sera alors chargé de promouvoir l’UDC en Suisse romande.

Sur les questions de l’immigration, des travailleurs frontaliers, de l’asile et de l’Europe, le Tessinois de 45 ans se situe exactement sur la ligne du stratège de l’UDC Christoph Blocher, a déclaré le professeur à l’Université de Lausanne, interrogé par l’agence Keystone-ATS. Raison pour laquelle il est très apprécié des tenants de cette ligne.

Mais il passe aussi bien en société, il veut plaire et cherche le dialogue. Grâce à cette politique, il a réussi à remporter un siège au Conseil des Etats pour la plus petite section du parti, celle du Tessin.

Un «rassembleur»

Oscar Mazzoleni pense que Marco Chiesa pourrait être pour cette raison «la bonne personne au bon moment» pour le plus grand parti de Suisse. Marco Chiesa n’est en effet pas impliqué dans les querelles internes du parti. A ce titre, il pourrait être en mesure d’unifier les différentes lignes de la formation.

Le président de la commission de prospection Caspar Baader a émis vendredi matin le même espoir dans l’émission «Heute Morgen» de la SRF: «l’UDC a besoin d’un président qui rassemble le parti».

Selon Oscar Mazzoleni, Marco Chiesa devra toutefois travailler dur pour être accepté en Suisse alémanique et parvenir à y mobiliser les sections locales. L’UDC reste en effet malgré tout d’abord un parti alémanique. Le Tessinois pourrait dès lors avoir des difficultés à se rapprocher des membres de la formation au sein des villages et des communes.

Premier test

La votation sur l’initiative de limitation de l’UDC du 27 septembre prochain pourrait constituer, un mois après sa possible élection, un premier test important.

Oscar Baader ne considère pour sa part pas comme un désavantage que Marco Chiesa ne soit pas particulièrement connu en Suisse alémanique: «Chaque président doit endosser sa fonction. Et lui devra avant tout s’intégrer en Suisse alémanique».

Oscar Mazzoleni ajoute un autre point: la stratégie de la direction de l’UDC pourrait se diriger vers une décentralisation de la formation, avec une plus grande autonomie des sections cantonales en Suisse alémanique.

Le président s’occuperait alors stratégiquement avant tout de la Suisse romande et du Tessin «avec une bonne intuition pour les sensibilités de Suisse alémanique», a dit Oscar Mazzoleni.

(ATS/NXP)

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