Actualisé 25.02.2020 à 14:58

Changement climatiqueQui est Naomi Seibt, «l'anti-Greta Thunberg»?

Les climatosceptiques ont du mal à rivaliser avec l'aura mondiale de l'activiste suédoise. Un groupe de réflexion américain proche de Trump espère avoir trouvé une réponse avec une Allemande de 19 ans.

par
joc

Elle est surnommée «l'anti-Greta». L'Allemande Naomi Seibt, 19 ans, prendra la parole cette semaine lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC), une convention organisée chaque année par les conservateurs américains à Washington. Des législateurs républicains, des officiels de la Maison-Blanche, des membres de la campagne pour la réélection de Donald Trump et des représentants des médias conservateurs seront notamment présents. Le président des Etats-Unis doit lui-même prononcer un discours.

Si Naomi Seibt est surnommée «l'anti-Greta», c'est parce que sa vision du changement climatique est diamétralement opposée à celle de la militante suédoise de 17 ans. Certes, son influence sur les réseaux sociaux n'a rien à voir avec celle de son illustre contemporaine, mais elle peut compter sur de solides soutiens. La jeune femme a été repérée par le groupe de réflexion Heartland Institute, qui fait campagne contre le consensus scientifique sur le dérèglement climatique. Depuis, elle est l'égérie de cet organisme basé aux États-Unis et proche du cercle de conseillers de Trump, explique le «Washington Post».

Le «réalisme climatique» face à l'«alarmisme climatique»

Dans plusieurs vidéos visibles sur YouTube, le Heartland Institute place Naomi face à Greta. «J'ai de bonnes nouvelles pour vous. Le monde ne s'éteindra pas à cause du changement climatique», clame l'Allemande dans ce clip. «Greta Thunberg a pris le monde d'assaut avec ses prévisions climatiques apocalyptiques. Naomi Seibt, une étoile montante, plaide pour un discours scientifique approprié sur le changement climatique. Qui vous semble être la plus raisonnable?» peut-on lire en légende d'une des vidéos publiées par le groupe.

Face à «l'alarmisme climatique» qu'elle dénonce, Naomi Seibt prône le «réalisme climatique». «Les émissions de CO2 d'origine humaine ont-elles autant d'impact sur le climat? Je pense que c'est ridicule de croire ça», explique la jeune femme au «Washington Post». Dans une des vidéos postées sur YouTube, elle raconte: «J'étais moi-même alarmiste sur le changement climatique car, évidemment, quand j'étais jeune, j'ai grandi autour de l'hystérie du changement climatique dans les médias, dans mes livres d'école. J'étais une jeune fille innocente et je pensais qu'en embrassant les arbres je pourrais sauver la planète, ce qui s'est franchement avéré faux.»

«Je ne veux pas que tu paniques. Je veux que tu penses»

Naomi se défend d'être «l'anti-Greta», car elle estime que cela laisserait entendre qu'elle est elle-même «une marionnette endoctrinée». Pourtant, elle n'hésite pas à s'inspirer des déclarations de la Suédoise pour construire son propre argumentaire. Ainsi, le fameux «Je veux que vous paniquiez» prononcé par Greta Thunberg en 2019 à Davos est devenu «Je ne veux pas que tu paniques. Je veux que tu penses», dans une vidéo de l'Allemande. Naomi Seibt appelle à la dédramatisation face au changement climatique. Selon elle, la conscience climatique n'est qu'une «idéologie manifestement anti-humaine».

Comme l'explique Slate, le Heartland Institute est financé en grande partie par des dons anonymes. Mais il compte également parmi ses soutiens des gens influents, comme le physicien William Happer. Ouvertement climatosceptique, ce proche conseiller de Donald Trump avait notamment déclaré en 2014 que «la diabolisation du dioxyde de carbone est comme la diabolisation des pauvres Juifs sous Hitler». Lors de son mandat à la Maison-Blanche, Happer avait demandé au Heartland Institute de mettre en avant ses idées dans le but de détruire le concept d'urgence climatique.

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